« Bloquons tout » : l’émergence d’un mouvement social à Montpellier
« Bloquons tout » : un mouvement social émerge à Montpellier

Depuis un peu plus d’un mois, chaque mardi soir, les partisans du mouvement « Bloquons tout » se retrouvent sur les marches du Corum à Montpellier. Prévu pour le 10 septembre, ce mouvement appelle à un blocage de l’économie nationale. Mardi soir, ils étaient environ 300 participants, soit une augmentation significative par rapport aux premières réunions qui rassemblaient seulement une vingtaine de personnes.

Une contestation protéiforme

Daniel, un ancien « gilet jaune », observe avec satisfaction l’émergence de cette contestation sociale encore « protéiforme » et parfois confuse, mais bien réelle. Les thèmes abordés sont variés : de la Kanaky à la diminution des subventions du Département au secteur associatif social, en passant par la répression annoncée et même le pot de départ de François Bayrou. « On était vingt au départ, quarante une semaine plus tard, on est 300 ce soir », se réjouit-il.

Les actions envisagées

Les militants se réunissent chaque mardi pour organiser cette journée de blocage. Un rassemblement est déjà programmé à 11 heures sur la place de la Comédie. D’autres actions sont en préparation, comme l’occupation du rond-point des Près-d’Arènes, haut lieu du mouvement des Gilets jaunes, ou encore l’empêchement d’un rassemblement d’été du Medef à Mauguio. Un fil de discussion sur la messagerie Signal regroupe désormais près de 400 personnes.

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Une organisation horizontale

Lors des prises de parole, la parité homme-femme est respectée autant que possible. Un jeune participant lance : « Il faut exiger l’arrêt des livraisons de munitions à Israël. La Palestine doit être mise au premier plan ». Un autre évoque la situation en Kanaky. Des groupes de travail ont été constitués pour élaborer une banderole, distribuer des tracts et définir la communication.

Le soutien des Soulèvements de la Terre

Le mouvement écologiste radical « Les Soulèvements de la Terre » cible le rassemblement des entrepreneurs de France organisé par le Medef Hérault à Mauguio le même jour. Dans un communiqué, ils déclarent : « La tenue de cet événement le 10 septembre est un affront de plus que la classe bourgeoise nous fait. Nous sommes déterminés à les en empêcher, par tous les moyens nécessaires ».

La position des syndicats

Certaines organisations syndicales, comme la CGT et Sud, ont décidé de soutenir le mouvement. Un intervenant souligne : « Les syndicats et les partis politiques sont entrés dans la danse. Ce qui va être difficile, c’est de ne pas se faire acheter. Ce qui nous lie, c’est que nous voulons une société horizontale ». Baker, retraité et ancien gilet jaune, ajoute : « Le 10 septembre n’est ni d’extrême droite, ni d’extrême gauche, mais d’une extrême nécessité. Les résignés ne sont pas encore avec nous ».

Des positionnements ancrés à gauche

Plusieurs interventions laissent transparaître des positionnements très à gauche, avec des appels au boycott des grandes surfaces et du paiement par carte bleue, ainsi qu’une remise en cause de la société capitaliste, portée notamment par une représentante de Révolution permanente. Sabine, enseignante syndiquée à Sud, pose la question de l’après-10 septembre et d’une participation à la journée de grève du 18 annoncée par l’intersyndicale. Alban, militant syndical, assure : « Qu’on prenne conscience de notre force. Les syndicats ont été obligés de se réunir plus tôt. C’est notre mouvement qui décide de tous les autres ».

Un pot de départ pour François Bayrou

Max, membre actif de la coordination du secteur médico-social, plaide pour un soutien aux actions de contestation déjà engagées. Béatrice, militante antiraciste, insiste sur la nécessité de créer un mouvement non-violent, même si elle croit que « la répression sera féroce ». L’idée d’un service d’ordre interne a été rejetée lors des votes. En revanche, l’organisation d’un pot de départ pour fêter le départ de François Bayrou, prévu le lundi 8 septembre devant la mairie, a recueilli l’unanimité. Daniel sourit : « Même Michaël Delafosse a demandé son départ. Cela ne me gêne pas d’être, pour une fois, d’accord avec lui ».

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