Bernard Jobert, maire de La Croix-Valmer, tire sa révérence sans regrets après douze ans de mandat
Bernard Jobert, maire de La Croix-Valmer, tire sa révérence

Bernard Jobert, maire de La Croix-Valmer, clôt son parcours politique avec franchise

À la veille du premier tour des élections municipales de 2026, Bernard Jobert, maire de La Croix-Valmer de 2014 à 2026, profite de son retrait de la vie politique pour dresser un bilan sans fard de ses douze années à la tête de la commune. À 81 ans, l'édile a choisi de ne pas se représenter, invoquant des raisons personnelles et une limite qu'il s'était fixée dès 2020.

Une fin de mandat sous le signe de l'indépendance

Bernard Jobert a volontairement pris ses distances avec la campagne électorale. « J'ai voulu me tenir loin de la campagne pour garder une indépendance totale de la commune, qu'elle ne soit pas entraînée dans la campagne menée par des candidats. Moi, je suis garant du fonctionnement de la commune », explique-t-il. Il a apporté son soutien à son ancien premier adjoint, mais sans s'impliquer activement, préférant se concentrer sur ses dernières obligations municipales.

La fin de campagne a été marquée par des critiques, notamment de la candidate Muriel Lecca-Berger, concernant le dépôt du permis pour le projet Cœur de village juste avant l'élection. Bernard Jobert contextualise cette décision : « Cela fait dix ans qu'on travaille en commissions, ateliers, réunions. Et là, après les accords avec la SPL, c'était le temps pour eux de déposer le dossier. Mais en quoi, le dépôt vaut acceptation ? Il y a l'instruction qui va être longue, le délai sera au moins de 4 à 5 mois ». Il souligne que le service de l'urbanisme, piloté par la nouvelle équipe, pourra influencer ce permis, et défend son adjoint René Carandante, injustement mis en cause selon lui.

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Un bilan économique et social assumé

Bernard Jobert ne cache pas sa satisfaction quant à son dernier mandat, même s'il reconnaît que le premier a été « écrasé par la dette importante qu'on s'est échinés à redresser ». En dix ans, la commune a remboursé 10 millions d'euros de dettes, sans augmenter la fiscalité depuis 2015, à l'exception de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires (THRS) relevée en 2024. Cette mesure a suscité des controverses lors des Municipales.

« On se situe 2 points en dessous du taux moyen départemental. Un choix assumé mais que les assujettis à la THRS ont pris comme un abus », admet-il. Il justifie cette décision par la nécessité de travailler pour les gens qui ne peuvent pas se loger, un enjeu crucial pour La Croix-Valmer où la population permanente baisse. « Les gens aiment La Croix-Valmer, car c'est vivant, ce n'est pas un musée. Mais le commerce vit sur un fil », alerte-t-il.

Le logement au cœur des préoccupations

Le projet Cœur de village, visant à loger 90 familles, est central dans sa politique. Bernard Jobert se réjouit de l'utilisation du bail réel solidaire (BRS), une première en région PACA, avec au moins 30 logements prévus pour des Croisiens. « Que ce projet soit mis à mal, ça m'embêterait, mais après tout, si les Croisiens choisissent... », commente-t-il, laissant planer un doute sur l'avenir de cette initiative.

Il exprime également une inquiétude quant à l'engagement des résidents secondaires : « Je ne les vois pas être complètement soucieux de l'intérêt économique, social, scolaire de la commune ». Pour lui, la contribution via la THRS était équitable pour maintenir la vitalité du village.

Un parcours politique inattendu

Bernard Jobert n'avait pas initialement le feu sacré pour la politique. « Pas du tout, j'étais le nez dans le guidon sur ma profession à l'IME Sylvabelle, je n'étais pas du tout intéressé », confie-t-il. C'est à l'incitation de son ami François Gimmig qu'il s'est impliqué dans le social sur la liste Bérenguier en 1995, avant de connaître deux autres mandats et une période de retrait après l'échec de 2008.

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Il revient en 2014 avec la liste « Qualité de vie, valeurs croisiennes », critiquant la gestion « hasardeuse » de François Gimmig et sa politique d'emprunt démesurée. Ironiquement, sa fin de mandat est marquée par des peurs autour du projet Cœur de village, un écho aux critiques qu'il avait lui-même formulées. « C'est un peu ironique », convient-il, citant un proverbe : « le maire qui change la mairie n'est pas réélu, ça tombe bien : je ne me représente pas ».

Réalisations et projets d'avenir

Parmi les réalisations dont il est fier, Bernard Jobert cite sans hésiter « le jardin du train des Pignes », qu'il qualifie de « plus belle réussite », malgré des difficultés financières et des contentieux. « On ne pouvait pas laisser cette cicatrice en plein village sans avoir l'ambition de l'habiter de manière agréable », explique-t-il. Il évoque également le forum Constantin, qu'il critique initialement mais dont il reconnaît aujourd'hui l'utilité.

Pour l'avenir, Bernard Jobert envisage de consacrer du temps à son épouse et à lui-même, avec des projets de randonnée comme le chemin de Compostelle ou de Stevenson déjà accomplis. « On est assez bohèmes : rien n'est dit qu'on ne reparte pas à l'aventure, 3-4 jours, sacs au dos. On aime bien ça », conclut-il, tournant la page sur une carrière municipale riche et parfois tumultueuse.