Le projet de réouverture de la ligne ferroviaire Alès-Bessèges, dans le nord du Gard, continue d'avancer malgré des obstacles réglementaires qui freinent sa concrétisation. Issu des États généraux du rail de 2016, ce dossier a fait l'objet d'un comité de pilotage à Alès le 17 octobre, réunissant élus locaux, régionaux, associations et services de l'État. Jean-Luc Gibelin, vice-président du conseil régional d'Occitanie en charge des transports, insiste sur le terme "projet" pour souligner son caractère concret et sa phase de réalisation, bien que les retards s'accumulent.
Des retards liés à la réglementation environnementale
Initialement annoncé pour 2026, le retour des trains a été repoussé à 2028, puis des questions d'écoulement des eaux ont menacé cette échéance. Jean-Luc Gibelin pointe "la situation préoccupante du pays" due aux réglementations en vigueur, qui entraînent "huit ou neuf ans de procédure" pour seulement "un an à 18 mois de travaux". Il reconnaît que cette période d'études est peu visible et difficile à accepter pour les élus et les usagers, mais nécessaire pour le lancement du chantier.
Un dossier d'autorisations de 2000 pages
Le dossier d'autorisations environnementales, rédigé par la Région en lien avec l'État, compte 2000 pages. Soumis virtuellement en juillet puis physiquement en septembre, il a été jugé incomplet le 13 octobre, avec treize pages de demandes de compléments. La Région a immédiatement repris le travail, et une réunion avec le sous-préfet d'Alès, Émile Soumbo, jugé "très aidant", a eu lieu le 31 octobre.
Le coût et l'avancement du projet
Le coût global du projet reste stable, autour de 68 millions d'euros, dont 40 millions pour la section Alès-Saint-Ambroix et 20 millions pour Saint-Ambroix-Bessèges. Des rails de réemploi sont stockés depuis plusieurs années à la gare d'Alès, et les quatre pôles d'échanges multimodaux sont toujours prévus. En revanche, le débroussaillement des 32 km de voie est à refaire, la nature ayant repris ses droits après une première opération il y a trois ans. SNCF Réseau doit être relancé pour cette tâche.
Des contraintes liées à la biodiversité
Jean-Luc Gibelin déplore les exigences de protection de la biodiversité, comme la défense de chauves-souris dans un tunnel ou la préservation d'espèces apparues dans des retenues d'eau artificielles depuis la fermeture de la ligne. Il s'interroge : "C'est quoi la normalité ? Celle durant laquelle la vie circulait durant cent ans avec le passage des trains ou durant les vingt ans de suspension du trafic ?" Tout en affirmant que la Région est protectrice de la nature, il estime que la réouverture de la ligne est un acte facilitateur pour la biodiversité. Il appelle à une simplification réglementaire, comme préconisé par le président Macron, pour éviter que le projet ne soit bloqué.
Un calendrier qui évolue
La Région adapte son calendrier : pour la section Saint-Ambroix-Bessèges, plus rurale et soumise aux contraintes environnementales les plus lourdes, la mise en service est désormais attendue pour 2030. En revanche, l'axe Alès-Saint-Ambroix est anticipé pour 2028. Jean-Luc Gibelin martèle que ce projet "est un projet complet et unique", et assure que les travaux avanceront malgré les difficultés.



