Quelques semaines après les élections municipales de mars 2026, la préfecture du Gard a accueilli, ce jeudi 7 mai, à Nîmes, une réception en l'honneur de 83 anciens maires du département qui ne se sont pas présentés à la tête ou sur une liste lors des dernières municipales. Une cérémonie organisée par le préfet du Gard, Jérôme Bonet, pour saluer l'engagement de celles et ceux qui ont quitté leurs fonctions après parfois plusieurs décennies passées à la tête de leur commune.
Une cérémonie empreinte d'émotion
Dans les salons de la préfecture, l'émotion était palpable. Beaucoup d'anciens édiles se retrouvaient après la fin d'un mandat qui, pour certains, aura rythmé une grande partie de leur vie. Petites communes rurales, villages cévenols ou bourgs plus importants : tous partageaient cette même expérience du mandat local, fait de proximité, de disponibilité permanente et de responsabilités souvent lourdes.
« Vous avez incarné la République au plus près des habitants », a souligné le préfet dans son discours, rappelant le rôle essentiel joué par les maires dans la cohésion des territoires. « Être maire, c’est être présent dans les moments heureux comme dans les périodes les plus difficiles », a-t-il insisté devant une assemblée attentive.
Avec humour, Jérôme Bonet a ouvert son propos : « Vous pensiez peut-être en avoir fini avec vos relations avec la préfecture… et voilà que la préfecture vous rattrape. » Il a précisé qu’il ne serait question « ni d’une nouvelle réglementation ni d’une crise climatique ou sanitaire à gérer », mais simplement d’un moment destiné à rendre hommage et à remercier solennellement « les anciens élus ». Il a expliqué avoir volontairement convié uniquement les maires ayant choisi de ne pas repartir pour un nouveau mandat afin de ne donner aucune coloration politique à cette réception.
Un choix difficile
« Vous avez fait un choix, celui de ne pas y retourner », a-t-il souligné, évoquant tour à tour « l’usure, la lassitude, la fatigue, le choix de se rapprocher des siens, ou encore la conscience du devoir accompli ». Dans ce discours très personnel, le préfet a reconnu avoir pris pleinement conscience, depuis son arrivée dans le Gard il y a plus de deux ans et demi, de l’importance des maires dans le fonctionnement de la République. « Tout petit-fils de maire que je suis, je ne mesurais pas à quel point la République vous devait. »
Au fil des échanges, les anciens élus ont évoqué des souvenirs très concrets : des nuits passées à gérer des intempéries, des dossiers administratifs complexes, des projets menés parfois pendant des années ou encore des situations humaines délicates. « Le téléphone sonnait jour et nuit, sourit un ancien maire gardois. On ne décroche jamais vraiment de sa commune. »
Un rôle de plus en plus exigeant
Mais beaucoup ont aussi parlé de la fatigue accumulée au fil des mandats. Plusieurs ont confié avoir choisi de ne pas se représenter lors des élections municipales de mars dernier face à un mandat devenu de plus en plus exigeant. Complexité administrative, multiplication des normes, tensions dans le débat public ou pression permanente : les témoignages convergeaient souvent. Certains ont également mentionné la difficulté croissante à constituer des équipes municipales ou à trouver des habitants prêts à s’engager durablement dans la vie publique locale.
« Le préfet et le maire forment un couple indissociable sur les épaules duquel pèsent énormément d’attentes », a d’ailleurs affirmé Jérôme Bonet, rappelant le rôle essentiel des communes dans le modèle républicain français. « Notre République n’est rien sans cette cellule élémentaire de la démocratie et du vivre-ensemble. »
Remise du diplôme de maire honoraire
Cette réception était aussi l’occasion de remettre à la soixantaine de maires ayant répondu présent (sur les 83 conviés) le diplôme de maire honoraire. Certains d'entre eux ont consacré plus de vingt ou trente ans à leur commune. Des parcours salués longuement par les applaudissements de leurs anciens collègues et des représentants de l’État. Dans un contexte où l’engagement local devient plus fragile, cette cérémonie prenait une résonance particulière : celle d’un hommage rendu à des femmes et des hommes qui, souvent loin des projecteurs, auront consacré une part importante de leur vie au service des autres.



