La baisse des subventions publiques entraîne des conséquences dramatiques pour le secteur culturel en Nouvelle-Aquitaine. Ce printemps, plusieurs structures culturelles ferment ou licencient, prises à la gorge par la réduction des financements de l'État et des collectivités. La première touchée est l'agence L'A., anciennement agence culturelle du Poitou-Charentes.
L'agence L'A. liquidée après un revirement politique
En novembre 2025, la Région avait invité L'A. à publier une fiche de poste pour recruter un nouveau directeur. Mais un mois plus tard, lors du vote du budget, l'institution a changé de cap politique et supprimé la subvention, déclenchant la liquidation de l'agence. Élisabeth Douzille, directrice de la culture et du patrimoine à la Région, explique : « Ce sont les annonces du projet de loi de finances de l'État, qui ont entraîné cette décision, afin de préserver en priorité notre capacité d'intervention directe auprès des lieux de diffusion, des compagnies artistiques et des aides à la création. »
Fermeture du Centre de développement chorégraphique de La Rochelle
Quant à la fermeture du Centre de développement chorégraphique national de La Rochelle, antenne de celui de Bordeaux, elle résulte d'une décision du conseil d'administration de la Manufacture CDCN de Bordeaux. « Cette expérimentation n'étant plus possible dans leur modèle économique. Ça n'a rien à voir », précise Élisabeth Douzille.
L'Iddac en Gironde touché par des licenciements
Cette crise ne reste pas confinée à l'échelon régional : elle se répercute jusqu'aux départements. En Gironde, l'Institut départemental de développement artistique et culturel (Iddac) est confronté à la même logique de désengagement. Face à la baisse drastique de ses subventions départementales, l'agence a engagé un plan contraint de licenciement économique, entraînant le départ de cinq personnes en avril dernier.
Professionnels dénoncent un manque de dialogue
Plusieurs professionnels néo-aquitains dénoncent une « absence de dialogue ». L'un d'eux s'insurge : « Nous ne sommes pas que des lignes budgétaires, mais des salariés, des équipes. » La représentante de la Région conteste ce constat, revendiquant au contraire une « transparence absolue », notamment par « des concertations permanentes par filières et des réunions d'explication ».



