Nicolas Sarkozy a réaffirmé lundi 4 mai 2026 devant la cour d’appel de Paris l’absence de preuves matérielles concernant le financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Au dernier jour de son interrogatoire, l’ex-Président s’est appuyé sur une clé USB contenant 19 000 documents pour nier tout virement occulte.
Une défense appuyée sur des documents
L’ancien chef de l’État a répété qu’aucune trace de financement par la Libye n’avait été retrouvée. “Quatorze ans après, il n’y a pas un virement, pas un centime qui a pu être tracé de manière directe ou indirecte avec ma campagne”, a-t-il déclaré à la barre, en réponse à des éléments comptables produits par ses avocats. Ces derniers ont exploité une clé USB remise par l’ancienne épouse de Ziad Takieddine, intermédiaire franco-libanais décédé en septembre dernier, également mis en cause dans ce dossier.
Des révélations sur les rétrocommissions
Selon la défense, les éléments du dossier “Moh” contenus dans cette clé montrent que sur 9,2 millions d’euros d’argent libyen perçus par Takieddine, près de 3,8 millions ont été destinés à des dépenses de Mohammed Senoussi, avec de l’argent détourné des services secrets libyens dirigés par son père, Abdallah Senoussi. “Si ça ne correspond pas à des rétrocommissions, qu’est-ce qu’une rétrocommission ?”, a lancé Nicolas Sarkozy.
Il a insisté sur le travail effectué : “Sur ces 19 000 documents, il n’y a pas la plus infime insinuation du financement de ma campagne”, ajoutant que “la clé ‘Tak’ colore le dossier” pour la cour.
Réponses aux accusations
Un avocat général, Damien Brunet, a rappelé que Takieddine avait évoqué dès 2011 des relations financières avec les Senoussi. L’ancien Président a répondu que la nouveauté résidait dans le jugement du tribunal correctionnel indiquant “très clairement qu’il n’y avait pas de rétrocommission”. Il a martelé : “La question centrale c’est ‘est-ce qu’on trouve le début d’un commencement d’un indice du financement de ma campagne ?’ C’est ça qui importe”.
Visiblement exaspéré, il a demandé : “Jusqu’à quand je devrais démontrer l’inexistence de cela ? Qu’est-ce qu’il faut que je fasse de plus pour vous convaincre qu’il n’y a pas d’argent ?”, affirmant vouloir “retrouver (son) honneur”.
Procès en appel et perspectives
En première instance, Nicolas Sarkozy a été condamné à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs et a passé 20 jours derrière les barreaux avant d’être libéré sous contrôle judiciaire. Les avocats des parties civiles doivent plaider mardi et mercredi, avant les réquisitions des avocats généraux la semaine prochaine. La fin du procès est prévue le 27 mai.



