Le conseil départemental de la Lozère, réuni le mardi 23 juin 2026 à Mende, a examiné plusieurs dossiers majeurs : l’aménagement de la RN88, l’affaire de l’association Les Pelloux, et la réforme de la prise en charge des transports pour les élèves en situation de handicap. Ces sujets illustrent les défis d’attractivité, de sécurité et de solidarité du département.
Position du Département sur la RN88
Le conseil départemental a rendu son avis dans le cadre des concertations menées par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). Le président Laurent Suau a déclaré : « Le désenclavement de la Lozère est un enjeu stratégique pour l’attractivité. Le Département doit lui aussi faire évoluer le projet au-delà des passions, pour l’intérêt des citoyens. »
Le maire de Mende, Patrice Saint-Léger, a insisté sur la nécessité de désenclaver sa ville, traversée par cet axe. Il a souligné une « question de sécurité publique, notamment avec les poids lourds qui passent par la ville ». Il a ajouté : « Ne rien faire avec la RN88, c’est prendre le risque que le dossier soit enterré, d’un éternel recommencement. »
Scénarios insatisfaisants
La majorité des élus jugent les quatre scénarios proposés insatisfaisants. Laurent Suau a expliqué : « Dans les variantes nord, de nombreuses exploitations sont traversées et les caractéristiques géologiques risquent de faire exploser les coûts. Au sud, ce n’est pas non plus préférable, il y a un risque d’impact sur les sources d’eau. » Il a proposé d’étudier le fuseau de 300 mètres présenté en 2006, « le plus cohérent de tous ».
Affaire Les Pelloux
L’ouverture d’une information judiciaire visant les dirigeants de l’association Les Pelloux, à Saint-Martin-de-Lansuscle, a été abordée. Laurent Suau a dénoncé des « agissements délictueux ». Le Département, via son programme de protection de l’enfance, avait largement subventionné cette association, désormais mise en cause pour abus de confiance, travail dissimulé et blanchiment aggravé de fraude fiscale.
Réforme du transport des élèves handicapés
En prévision de la rentrée de septembre, la question de la prise en charge des transports pour les élèves porteurs de handicap a été discutée. Jean-Louis Brun, élu de l’opposition, a dénoncé un « retour en arrière » sur un dispositif qui aidait les familles. Le Département a annoncé ne plus vouloir prendre en charge les élèves autonomes. Laurent Suau a précisé : « Nous avons la compétence pour ceux qui sont gravement atteints. Ce n’est pas que nous ne voulons plus assumer nos responsabilités. » Jean-Louis Brun a conclu : « Certes, ce dispositif relevait de l’extra-légal, mais ça aidait bien les familles, surtout sur la question de l’organisation. »



