Les députés macronistes retirent la proposition de loi Yadan de l'ordre du jour
Jeudi 16 avril 2026, le groupe des députés macronistes a annoncé le retrait de la très controversée proposition de loi Yadan de l'ordre du jour de l'Assemblée nationale. Cette décision intervient après l'annonce du dépôt d'un projet de loi similaire qui sera présenté ultérieurement.
Un contournement de l'obstruction parlementaire
Face à l'obstruction systématique de La France insoumise, les députés de la majorité présidentielle ont estimé que le texte n'aurait pas le temps d'être examiné cette semaine. Le groupe Ensemble pour la République de Gabriel Attal a déclaré dans un communiqué : "Dans ces conditions, nous avons demandé et obtenu du gouvernement qu'il contourne l'obstruction de LFI et s'engage au dépôt d'un projet de loi."
Le nouveau texte sera "présenté la semaine du 22 juin", selon les précisions apportées par le groupe parlementaire. Cette manœuvre politique vise à assurer l'examen législatif malgré les tactiques d'obstruction employées par l'opposition de gauche radicale.
Une proposition de loi vivement contestée
La proposition de loi Yadan, initialement déposée pour "lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme" en France depuis le 7 octobre 2023, avait suscité une opposition massive. Une pétition demandant son retrait avait recueilli plus de 700 000 signatures, devenant ainsi la deuxième pétition la plus soutenue de l'histoire du site de l'Assemblée nationale.
Les détracteurs du texte l'ont qualifié de liberticide, affirmant qu'il :
- Amalgame l'antisémitisme et la critique d'Israël (antisionisme)
- Représente un danger pour la liberté d'expression
- Musèle tout soutien à la cause palestinienne
- Empêche toute remise en cause de la politique de Benyamin Netanyahou
Un contexte législatif tendu
Cette décision de retrait intervient dans un climat parlementaire particulièrement tendu, où les méthodes d'obstruction législative sont devenues courantes. La pétition contre la loi Yadan, bien que massivement soutenue par près de trois quarts de million de citoyens, avait été balayée par l'Assemblée nationale, provoquant la colère des signataires et des formations politiques de gauche.
Le texte avait également déclenché des mobilisations dans plusieurs villes françaises, dont Montpellier, où des manifestants s'étaient interrogés : "Pourra-t-on encore manifester ?" face à ce qu'ils percevaient comme une restriction de leurs droits fondamentaux.
La loi Duplomb, qui avait recueilli plus de 2 millions de signatures l'année précédente, reste la pétition la plus soutenue de l'histoire du site de l'Assemblée nationale, devant celle concernant la proposition de loi Yadan.



