Michel Guiral lance une pétition contre le nouveau scrutin municipal pour les petites communes
Pétition contre le scrutin municipal pour communes <1000 habitants

Un élu lozérien s'oppose aux nouvelles règles électorales pour les petites communes

Michel Guiral, ancien maire de Saint-Sauveur-de-Peyre et actuel élu de Peyre-en-Aubrac en Lozère, a lancé une pétition pour demander le retour à l'ancien mode de scrutin aux élections municipales dans les communes de moins de 1 000 habitants. Cette initiative vise à contester les modifications introduites lors du dernier scrutin, notamment la fin du panachage et l'obligation de parité sur les listes électorales.

Les changements contestés du scrutin municipal

Jusqu'aux élections municipales de 2020, les électeurs des petites communes pouvaient rayer le nom d'un candidat sur une liste, une pratique connue sous le nom de panachage, et la parité n'était pas imposée. Cependant, depuis la réforme, ces règles ont été modifiées, suscitant des critiques de la part de certains élus locaux comme Michel Guiral. Il estime que ces changements limitent le choix des citoyens et compliquent la constitution des listes.

Michel Guiral a expliqué : "Avec le panachage, on arrivait grosso modo au même résultat, mais les gens avaient le sentiment de faire le choix. Donc je me suis dit qu'il fallait que notre député et notre sénatrice agissent pour qu'on revienne au mode de scrutin précédent." Sa pétition, lancée le lundi de Pâques, a déjà recueilli 241 signatures sur la plateforme Change.org.

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Des chiffres qui alimentent le débat

Après analyse des résultats dans les 152 communes de la Lozère, Michel Guiral a constaté que près de 4 000 électeurs ont déposé des bulletins blancs ou nuls lors du dernier scrutin. Il cite l'exemple de Nasbinals, où 33 votes blancs et 127 votes nuls ont été enregistrés sur un total de 362 votants. Pour lui, ces chiffres démontrent un mécontentement significatif face aux nouvelles règles.

Cependant, Sophie Pantel, députée de la Lozère, relativise ces données en les comparant au nombre total de votants dans le département, qui s'élève à 42 681. Elle précise avoir consulté les maires et conseillers municipaux lozériens lors de l'adoption de la loi, avec un retour d'environ 70 % des personnes contactées, dont 65 % étaient favorables aux changements.

Positions divergentes des parlementaires

Sophie Pantel reconnaît que le retour au panachage pourrait être pertinent, soulignant que de nombreuses communes ont manqué de choix lors des élections. Un texte en ce sens a déjà été déposé à l'Assemblée nationale, mais il n'est pas encore rédigé, la députée indiquant : "On a sept années devant nous."

En revanche, la sénatrice Guylène Pantel défend fermement la loi actuelle. Elle déclare : "Ça a été voté, c'est la démocratie. On ne vote pas pour une personne, on vote pour un projet que la commune ait 100 ou 10 000 habitants. Je ne vois pas l'intérêt. Rayer une personne parce que la veille elle vous a refusé quelque chose alimente seulement des querelles personnelles." Elle ajoute que les maires sont souvent les cibles de ces rayures, ce qu'elle juge injuste.

La question de la parité en débat

Michel Guiral remet également en cause l'obligation de parité, arguant qu'il privilégie les compétences avant tout. Il explique : "J'ai interrogé des collègues, et c'est parfois compliqué. J'ai toujours recherché des compétences avant tout. Je pense qu'il faudrait mieux se préoccuper des conditions d'exercer des responsabilités."

Mais les deux parlementaires refusent de revenir sur cette modification. Guylène Pantel estime que la parité renforce la présence des femmes sur les listes électorales, un avis partagé par les maires avec qui elle en a discuté. Sophie Pantel y voit aussi une avancée pour l'égalité.

Mobilisation sur le terrain

Malgré ces divergences, Michel Guiral poursuit sa mobilisation. Il distribuera des flyers avec un QR code pour la pétition et organisera des signatures manuelles sur les marchés d'Aumont-Aubrac le vendredi 17 avril 2026 et de Marvejols le samedi 18 avril 2026. Il prévoit de demander un rendez-vous aux parlementaires lozériens dans une dizaine de jours pour leur remettre la pétition.

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Ce débat illustre les tensions persistantes autour des réformes électorales dans les petites communes, où les traditions locales et les nouvelles exigences législatives entrent parfois en conflit.