La pétition contre la loi Yadan sur l'antisémitisme classée sans débat à l'Assemblée
Pétition contre la loi Yadan classée sans débat à l'Assemblée

La pétition contre la loi Yadan sur l'antisémitisme classée sans débat à l'Assemblée

L'Assemblée nationale ne débattra pas de la pétition populaire s'opposant à la proposition de loi Yadan sur l'antisémitisme. La commission des lois a voté ce mercredi en faveur de son classement, jugeant qu'un tel débat entrerait en collision avec l'examen du texte lui-même, programmé à partir de jeudi dans l'hémicycle.

Un vote serré pour le classement

La commission s'est réunie en matinée pour trancher sur le sort de cette pétition, qui a franchi le cap impressionnant des 700 000 signatures sur la plateforme officielle de l'Assemblée. Rappelons qu'au-delà du seuil de 500 000 signatures, l'organisation d'un débat dans l'hémicycle devient une possibilité, sous réserve de l'approbation de cette instance. Les députés ont finalement opté pour le classement par 30 voix, contre 21 en faveur de son examen.

La gauche dénonce un « crachat » aux signataires

Le député macroniste Pierre Cazeneuve a défendu cette décision, qualifiant un débat sur la pétition de « redondance inutile ». Il a souligné que la proposition de loi portée par Caroline Yadan et soutenue par l'exécutif sera justement examinée à partir de jeudi. Selon lui, un débat sur la pétition aurait « une portée bien moindre », car il ne permettrait ni d'amender le texte, ni d'engager un véritable débat contradictoire, ni de procéder à un vote, contrairement à la procédure législative normale.

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Les groupes du bloc central et de l'extrême droite ont appuyé ce classement. À l'inverse, les groupes de gauche, qui réclament par ailleurs le retrait pur et simple de cette proposition de loi de l'agenda parlementaire, ont vivement protesté. « C'est un crachat à la figure des 700 000 personnes qui ont signé cette pétition », a réagi avec véhémence la députée LFI Gabrielle Cathala.

Une mobilisation politique croissante contre le texte

Gabrielle Cathala, très mobilisée contre ce qu'elle qualifie de texte « liberticide », estime que cette loi vise à réduire au silence les voix qui défendent la cause palestinienne. Parallèlement, le groupe socialiste, qui s'était abstenu lors de l'examen en commission de la proposition de loi en janvier, a annoncé son intention de voter contre lors du scrutin en séance plénière. Dans un mouvement significatif, le groupe MoDem, pourtant habituel soutien du gouvernement, a également fait savoir mardi qu'il ne voterait pas en faveur du texte, ajoutant une nouvelle dimension à l'opposition parlementaire.

Cette décision de classement intervient donc dans un contexte politique déjà tendu, où les débats sur la définition de l'antisémitisme et les limites de la liberté d'expression promettent d'animer les prochains jours à l'Assemblée nationale.

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