Le deuxième conseil municipal de cette nouvelle mandature s'est tenu ce samedi 25 avril à Nîmes, consacré à la désignation des élus du conseil dans différentes instances telles que les SPL, les écoles et le CCAS. Dès l'entrée, le ton est donné : le Rassemblement national se montre particulièrement offensif.
Un conseil sous tension
Alors que le conseil municipal doit voter une trentaine de délibérations désignant les élus qui siégeront dans diverses instances, les groupes d'opposition se positionnent, attentifs, voire offensifs. Le groupe présidé par Franck Proust annonce qu'il ne prendra pas part au vote, tandis que ceux de Julien Plantier et de Julien Sanchez s'abstiendront lorsqu'ils ne présentent pas de candidat. Mais l'élu RN, qui présente une liste à chaque fois que cela est possible et demande le vote à bulletins secrets, monte au créneau sur les modalités de vote : "Vous ne pouvez pas empêcher ceux qui sont candidats de voter ! Si vous persistez, nous attaquerons au tribunal administratif et cela rendra nulle toutes les décisions…"
D'autant qu'à Nîmes métropole, quelques jours plus tôt, cette règle ne s'était pas appliquée. Julien Plantier insiste : "C'est la loi." Julien Sanchez tacle au passage les élus de droite qui entrent dans ces instances à Éclat (qui gère le Musée de la Romanité et l'auditorium), à la SPL Agate ou à la SAT, estimant qu'il s'agit d'un "renvoi d'ascenseur". Julien Plantier répond : "On n'intègre pas la majorité mais on veut que les différentes étiquettes politiques soient représentées."
Un petit pataquès sur le vote
Après une suspension de séance, le maire Vincent Bouget tempère : "Notre interprétation du texte L231-11 était très prudente. Je vous propose donc, pour qu'il n'y ait aucun problème ni recours au TA, d'en faire une lecture plus large et de revoter avec une conception moins stricte du règlement…" Des sourires narquois dans les rangs RN : "On l'avait proposé depuis le début mais on ne nous écoute pas parce qu'on est des fascistes."
Le RN obtient finalement des postes au CCAS et à la commission d'appels d'offres, tandis que dans l'opposition de droite, Sophie Roulle est désignée à la SPL Éclat, Valérie Rouverand à la SPL Agate et Julien Plantier à la SAT et à la commission tauromachique.
Sept groupes au conseil municipal
Sept groupes d'élus se sont constitués au sein du conseil municipal :
- Le groupe Nîmes citoyenne et réunie, composé de 23 membres, présidé par Jean-Yves Chabanel.
- Le groupe Nîmes écologiste et progressiste, 8 membres, présidé par Catherine Fenech.
- Le groupe Socialiste, 7 membres, présidé par Nicolas Nadal.
- Le groupe Citoyenneté, Innovation, Territoires, Équité, 4 membres, présidé par Amal Couvreur.
- Le groupe Alliance RN-UDR, 11 membres, présidé par Julien Sanchez.
- Le groupe Union de la droite et du centre, 3 membres, présidé par Franck Proust.
- Le groupe Nîmes Avenir, 3 membres, présidé par Julien Plantier.
Les annonces du maire
En préambule du conseil, le maire Vincent Bouget a annoncé une série de sept rencontres d'ici l'été dans différents secteurs de la ville pour "échanger avec les habitants, construire des projets avec tous, s'ouvrir à leur perception de l'action politique". La première rencontre aura lieu le 7 mai dans le quartier des Costières.
Concernant le bulletin municipal, le maire précise : "Dans Vivre Nîmes, nous avions proposé d'accorder le même espace à chaque groupe politique, de la majorité comme de l'opposition, soit 1 500 signes environ par tribune." La proposition de la majorité a fait bondir le groupe RN qui a demandé une répartition proportionnelle de la longueur des tribunes, en fonction du nombre d'élus de chaque groupe. "Ce qui a conduit à la réduction drastique de certaines tribunes… les deux groupes d'opposition de droite (hors RN) auront un espace réduit à celui d'un tweet", lance le maire.
À la suspension de la séance, Julien Sanchez remettait une pièce dans la machine : "1 500 caractères par groupe, ce n'est pas une fleur… Au prorata des élus, c'est la loi, c'est tout. C'est du niveau 1re année de droit ! Si ce n'est pas respecté, on attaquera…"
Réactions après le conseil
À l'issue du conseil municipal, Julien Sanchez s'empressait de critiquer sur les réseaux sociaux "l'amateurisme et l'incompétence de la majorité municipale avec des votes pour nous priver de postes" et la droite qui préfère "l'alliance avec la gauche plutôt qu'avec le RN". Julien Plantier, lui, préférait réaffirmer "une opposition constructive. L'actuelle majorité a accepté que l'opposition soit représentée dans différentes structures, c'est bien. Quand Vincent Bouget était dans l'opposition, l'ancien exécutif le lui avait refusé !" Et Franck Proust, en vieux sage rangé des responsabilités, sourit : "C'est la mise en place et l'état de grâce des 100 jours. On verra quand on rentrera dans le dur…"



