Municipales 2026 à Nîmes : quel bilan pour le quatrième mandat de Jean-Paul Fournier ?
À un mois du premier tour des élections municipales de 2026, le moment est venu de dresser un bilan approfondi du quatrième mandat de Jean-Paul Fournier à la tête de Nîmes. Le maire Les Républicains, réélu en juin 2020 dans un contexte sanitaire bouleversé par la crise du Covid-19, achève son dernier mandat dans une atmosphère de tensions et de divisions au sein de la majorité.
Une réélection en pleine pandémie
Le 28 juin 2020, Jean-Paul Fournier fait partie des huit maires LR du département à retrouver son fauteuil. Le scrutin, initialement prévu en mars et reporté à cause de la pandémie, voit le Nîmois l'emporter avec 41,96 % des voix au second tour, dans une quadrangulaire face à Vincent Bouget (26,47 %), Yvan Lachaud (18,62 %) et Yoann Gillet (RN, 12,92 %). Cette victoire, avec une participation de seulement 32 % contre plus de 55 % en 2014, lui permet de rafler 42 sièges sur 59 au conseil municipal et 37 au sein de Nîmes Métropole.
Dès l'annonce des résultats, Jean-Paul Fournier exprime sa fierté mais aussi la lourdeur de la charge : "Les Nîmois ont choisi de me confier à nouveau pour la quatrième fois consécutive, la grande responsabilité de gérer les destinées de la capitale du Gard, troisième grande ville d'Occitanie, dix-septième ville de France. J'en ressens une immense fierté mais en mesure la charge très lourde, au lendemain d'une crise sanitaire inédite et face à une crise sociale sans précédent."
Des réalisations ambitieuses mais des limites reconnues
À 75 ans, Jean-Paul Fournier avait misé sur un programme ambitieux pour ce quatrième mandat, malgré des problèmes de santé soulevés par ses opposants. Le maire bâtisseur, qui a refaçonné Nîmes en 25 ans, lançait ses derniers projets d'envergure : un palais des congrès dans le cœur historique, 30 millions d'euros pour la voirie de proximité, le réaménagement de places, la priorisation des espaces verts, l'augmentation des effectifs de police et la création d'une nouvelle piscine à l'est de la ville.
Six ans plus tard, le maire reconnaît lui-même que "on a parfois vu trop grand". Si des grands projets ont bien été lancés ou réalisés, il reste au quotidien des Nîmois de nombreux défis à relever pour son successeur. La ville, qui capitalise sur ses atouts et son patrimoine, doit encore travailler sur son avenir et son développement durable.
Une guerre de succession qui divise la droite
Au soir de sa victoire en 2020, Jean-Paul Fournier promettait de "former une nouvelle génération d'élus". Pourtant, sa dernière mandature se termine par une guerre de succession qui a fait voler en éclats ses souhaits d'union. Dès mars 2025, 11 élus ont été évincés de la majorité, annonçant une fracture qui ne s'est jamais ressoudée malgré les tentatives de médiation.
Aujourd'hui, la droite s'avance désunie pour les municipales 2026 : d'un côté Franck Proust, adoubé par Jean-Paul Fournier, et de l'autre Julien Plantier, l'ancien premier adjoint. Cette division interne place les électeurs nîmois en position d'arbitres ultimes de ces conflits politiques.
Un héritage contrasté à la veille des élections
Le bilan du quatrième mandat de Jean-Paul Fournier apparaît donc contrasté. D'un côté, des réalisations concrètes qui ont marqué le paysage urbain de Nîmes, de l'autre, des projets parfois trop ambitieux et une fin de règne marquée par des divisions au sein de sa majorité. Alors que la campagne électorale bat son plein, les Nîmois devront trancher non seulement sur l'héritage de leur maire sortant, mais aussi sur l'avenir politique d'une ville à la croisée des chemins.
Le verdict des urnes en mars 2026 déterminera si la droite parviendra à se maintenir malgré ses divisions, ou si l'opposition saura profiter de ces tensions pour s'imposer dans la troisième ville d'Occitanie.



