Municipales 2020 : le souvenir d'une panique électorale sous Covid en France
Municipales 2020 : panique électorale sous Covid en France

Municipales 2020 : un scrutin historique dans la tourmente pandémique

Il y a six ans, la France vivait une situation électorale totalement inédite. Alors que la pandémie de Covid-19 commençait à se propager sur le territoire, les élections municipales se sont déroulées dans un climat de confusion et d'incertitude générale.

Un premier tour maintenu contre vents et marées

À la veille du 15 mars 2020, le président Emmanuel Macron avait pris la décision controversée de maintenir la date du premier tour des municipales. Cette décision intervenait alors que l'opposition l'accusait ouvertement de préparer "un coup d'État" s'il venait à reporter le scrutin. Le premier tour eut donc lieu comme prévu, mais dans des conditions exceptionnelles.

Le lendemain même du vote, le gouvernement annonçait le confinement général du pays, créant une situation électorale totalement inédite dans l'histoire française. Au lieu de la semaine habituelle entre les deux tours, il faudra finalement attendre plus de trois mois pour que les Français puissent retourner aux urnes.

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Des conditions de vote exceptionnelles

Le premier tour s'était déroulé sous haute surveillance sanitaire. Partout en France, comme à Bagnols-sur-Cèze, les bureaux de vote avaient mis en place un maximum de précautions :

  • Gel hydro-alcoolique à disposition
  • Stylos personnels pour éviter les contacts
  • Respect strict des distances de sécurité

Ces mesures n'ont pas empêché une abstention record de 56%, les personnes âgées préférant majoritairement rester à domicile par crainte du virus. Paradoxalement, cette situation a bénéficié aux écologistes qui ont su mobiliser un électorat plus jeune que d'habitude.

La déroute de la majorité présidentielle

Le second tour, reporté au 28 juin, a confirmé les tendances du premier tour. "Avec 41,6%, la participation est encore plus faible qu'au premier tour", analyse le politologue Bernard Dolez. Les résultats ont été sans appel pour la majorité présidentielle.

Si 80% des maires sortants ont été réélus, le véritable fait marquant de ce scrutin a été la poussée spectaculaire des écologistes. Ces derniers ont conquis six villes de plus de 100 000 habitants, dont Lyon, Grenoble, Bordeaux et Strasbourg. La victoire d'Édouard Philippe au Havre n'a pas suffi à masquer la déroute de la Macronie, qui a perdu quatre des cinq grandes villes qu'elle administrait.

Les conséquences politiques

À Paris, la situation a été particulièrement symbolique. La ministre de la Santé Agnès Buzyn avait quitté le gouvernement au tout début de la pandémie pour mener campagne municipale dans la capitale, après avoir affirmé que "les risques de propagation du coronavirus dans la population étaient très faibles". Mise en examen en septembre 2021 pour mise en danger de la vie d'autrui, elle a finalement bénéficié d'un non-lieu en juillet 2025, tout comme l'ensemble du gouvernement concernant sa gestion de la crise sanitaire.

Un précédent historique

Bernard Dolez insiste sur le caractère exceptionnel de cette élection : "Le seul précédent qui vient à l'esprit, dans un tout autre contexte, nous renvoie à la chute du Second Empire, quand les élections annoncées le 8 septembre 1870 par le gouvernement provisoire ont été plusieurs fois ajournées".

Ces municipales 2020 resteront donc dans les annales comme un scrutin rocambolesque, marqué par une gestion à la petite semaine qui s'est finalement éternisée, et qui a profondément modifié le paysage politique local français au profit des forces écologistes.

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