Jean-Luc Mélenchon, candidat à l'élection présidentielle de 2027, a présenté ce jeudi 2 juillet son projet de transformation des régions françaises en « écorégions ». Cette proposition, dévoilée lors d'une conférence de presse à Paris, vise à remplacer les 13 régions métropolitaines actuelles par 10 écorégions, définies selon des critères géographiques et écologiques plutôt qu'administratifs.
Un découpage fondé sur les bassins versants
Le projet s'appuie sur la notion de « bassin versant », c'est-à-dire les territoires drainés par un même cours d'eau. « Les régions actuelles sont des constructions politiques qui ignorent les réalités naturelles, a déclaré Mélenchon. Avec les écorégions, nous voulons aligner la gestion territoriale sur les cycles de l'eau et les écosystèmes. » Les nouvelles entités porteraient des noms comme « Seine-Normandie », « Loire-Bretagne » ou « Rhône-Méditerranée ».
Selon l'équipe de campagne, cette réorganisation permettrait de mieux gérer les ressources en eau, de lutter contre les sécheresses et les inondations, et de coordonner les politiques agricoles et énergétiques à l'échelle des bassins hydrologiques. « L'eau doit devenir un bien commun, géré démocratiquement, et non une marchandise », a insisté le candidat.
Une réforme institutionnelle d'ampleur
La mise en place des écorégions nécessiterait une révision constitutionnelle et la suppression des départements, remplacés par des « districts écologiques » de taille inférieure. Les compétences des régions actuelles (transports, formation professionnelle, développement économique) seraient transférées aux écorégions, avec un renforcement des prérogatives en matière d'environnement et de transition énergétique.
Mélenchon a chiffré le coût de cette réforme à environ 2 milliards d'euros sur cinq ans, principalement pour la mise en place des nouvelles structures et la formation des agents. « C'est un investissement nécessaire pour adapter notre pays au dérèglement climatique », a-t-il affirmé.
Une proposition qui divise
Les réactions politiques sont contrastées. La secrétaire nationale d'Europe Écologie Les Verts, Marine Tondelier, a salué une « initiative audacieuse qui place l'écologie au cœur de l'organisation territoriale ». En revanche, le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a dénoncé une « usine à gaz » et une « centralisation déguisée ».
Du côté des associations d'élus, l'Association des maires de France a exprimé des réserves sur la suppression des départements, tandis que France Nature Environnement a jugé le projet « cohérent avec les enjeux de la biodiversité et de la gestion de l'eau ».
Cette annonce s'inscrit dans la stratégie de Mélenchon de faire de l'écologie le thème central de sa campagne. Selon un sondage Ifop réalisé en juin, 62 % des Français se disent préoccupés par la question de l'eau, mais seuls 34 % approuvent une réforme des régions.



