Michel Barnier : « Il n'en faudra qu'un seul » pour la droite en 2027
Michel Barnier : un seul candidat pour la droite en 2027

En déplacement à Monaco pour une conférence intitulée « Quel futur pour la France et l’Union Européenne ? », organisée par Monaco Méditerranée Foundation, l’ancien Premier ministre Les Républicains Michel Barnier, également ex-commissaire européen et négociateur du Brexit, a accordé une interview exclusive à Nice-Matin. Il y aborde l’élection présidentielle de 2027 et les Jeux olympiques et paralympiques de 2030 dans les Alpes-du-Sud.

Souveraineté européenne : réduire les dépendances

Interrogé sur la souveraineté de l’Europe face aux crises successives qui impactent lourdement l’économie, Michel Barnier estime que « l’Europe doit prendre garde, car les crises actuelles démontrent nos dépendances ». Il cite la guerre en Iran, l’offensive américano-israélienne et la guerre déclenchée par Vladimir Poutine contre l’Ukraine, qui mettent en lumière notre dépendance en matière d’énergie, de sécurité et d’alimentation. « Nous ne pouvons pas vivre en autarcie en Europe, mais il est impératif de réduire nos dépendances pour regagner notre autonomie », insiste-t-il. Il souligne les progrès déjà réalisés dans la réduction des importations de gaz et de pétrole russes, et appelle à maintenir la production agricole pour garantir l’alimentation.

Défense européenne : un pilier au sein de l’OTAN

Sur le plan de la sécurité militaire, face aux incertitudes américaines, Barnier déclare : « Le moment est venu pour les Européens de tirer les leçons de l’indifférence, et parfois de l’agressivité américaine, que l’on observe notamment dans les déclarations de Donald Trump. » Il propose de bâtir un véritable pilier européen de défense au sein de l’OTAN, sans quitter l’Alliance atlantique, mais en mutualisant les efforts en matière de décision, de recherche et d’industrialisation militaire pour gagner en autonomie.

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2027 : l’unité de la droite et du centre

Interrogé sur sa plateforme programmatique « Bâtir ensemble » lancée en vue de 2027, et sur la désignation de Bruno Retailleau comme candidat des Républicains, Barnier se montre loyal mais libre. « J’ai toujours été loyal envers ma famille politique, que je n’ai jamais quittée, même s’il m’était arrivé d’être en désaccord, et je respecterai le choix des militants. J’ai dit à Bruno Retailleau que j’étais libre. » Il constate que les mouvements centristes et Les Républicains n’ont pas réussi à s’accorder, chacun faisant valoir son projet. « Mais, à un moment donné, il n’en faudra qu’un seul pour représenter la droite républicaine et le centre, et ce jour-là, je m’exprimerai. »

Une candidature pas exclue

Barnier n’exclut pas totalement une candidature : « On ne peut pas dire jamais. Je suis prêt à être utile. Je ne pense pas que ce soit opportun d’ajouter un candidat à tant de candidats. Les gens n’y comprennent plus rien. » Il préfère se concentrer sur sa plateforme, qui a déjà recueilli plus de 12 000 visites, et qui sera amendée pour devenir un projet d’action présidentielle pour un candidat commun. « Mon sujet n’est pas d’être candidat ou de ne pas être candidat. Il est de favoriser l’unité. »

Propositions pour une France forte

Barnier porte l’ambition d’une France forte, qui réduit le poids de sa bureaucratie et de sa fiscalité, et redevient une terre de production agricole et industrielle. Avec une dette de 3 200 milliards d’euros et 60 milliards d’intérêts annuels, il appelle au courage pour réduire les déficits. Il défend aussi une France fière de son identité, de ses racines, de sa culture et de ses traditions. « Quand je vois les énergies positives partout, il y a de quoi être fier de la France. »

Soutien à Christian Estrosi et JO 2030

À propos des municipales à Nice, où le maire sortant Christian Estrosi a été lâché par Bruno Retailleau, Barnier a maintenu son soutien, estimant qu’il était logique de respecter le choix du parti. « Les Niçois ont choisi. Il faut respecter leur choix, et travailler à l’intérêt général, par exemple aux Jeux olympiques, avec Éric Ciotti, qui est légitimement le maire de Nice. »

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Préserver les JO des querelles politiques

En tant que membre du bureau exécutif du comité d’organisation des JO 2030, Barnier se dit très soucieux de maintenir les Jeux olympiques en dehors des querelles politiques. « Ils doivent rester au-dessus de ces débats. » Il évoque une discussion responsable en cours entre le maire, la Région présidée par Renaud Muselier et le Cojop. « Le temps presse, et je souhaite vivement que nous trouvions une solution rapide pour que ce grand projet aboutisse. »