Marmande : une polémique sur les indemnités divise le conseil municipal
La deuxième séance de la mandature à Marmande, après les élections municipales, a été marquée par une première polémique significative. Mardi soir 7 avril, les élus ont poursuivi la mise en place du Conseil municipal, notamment en composant les différentes commissions. Si l'unanimité a été facilement acquise sur ce point organisationnel, le vote concernant les indemnités de fonction a, en revanche, cristallisé les tensions et révélé des clivages profonds au sein de l'assemblée.
Une refonte des indemnités contestée
Dans cette nouvelle configuration, le maire Joël Hocquelet a pris la décision de baisser ses propres indemnités de fonction, les fixant désormais à 3 692 euros par mois. Cette mesure a été présentée comme nécessaire pour permettre, dans le cadre d'une enveloppe budgétaire constante, d'indemniser des conseillers délégués supplémentaires. Au total, dix conseillers délégués bénéficient désormais d'une indemnité de 233 euros par mois chacun.
La première adjointe, Maud Caruhel, perçoit quant à elle la somme de 1 224 euros, tandis que les huit autres adjoints touchent 1 016 euros. Enfin, les quatre délégués spéciaux sont indemnisés à hauteur de 784 euros mensuels. Cette structure indemnitaire a immédiatement suscité des critiques virulentes de la part des groupes d'opposition.
L'opposition monte au créneau
André Belacel, le nouveau chef de file de l'opposition, a vivement contesté le principe même de l'indemnisation des simples conseillers délégués. « Il y a un sérieux problème d'égalité entre les élus. Vous n'indemnisez que les gens de la majorité parce que vous pensez sans doute qu'ils vont travailler plus que nous. Cela pourrait être attribué à un détournement de pouvoir », a-t-il asséné, proposant même « d'enlever toutes les indemnités » des conseillers municipaux délégués.
Il a argumenté que les 28 000 euros économisés annuellement pourraient être réaffectés à des travaux urgents dans la commune, assurant que « le but de son groupe n'est pas de recevoir des indemnités ». Valérie Pérali, une autre élue d'opposition, a également exprimé son désaccord, suggérant de revoir à la baisse les indemnités pour soulager les finances communales dans un contexte de contraintes budgétaires croissantes. Elle a même proposé de pondérer les indemnités perçues par les élus de la majorité en fonction de leurs absences en commission.
La défense du maire
En réponse à ces attaques, Joël Hocquelet a rappelé que c'était la quatrième fois depuis 2020 qu'il baissait sa propre indemnité. « Quand je demande à des élus de la majorité, bien entendu, de travailler sur certains thèmes que je leur confie, je trouve normal qu'ils aient une indemnité. Et je peux vous dire que pour les délégués, l'indemnité représente bien peu par rapport au travail fourni. […] Ce ne sont pas des emplois fictifs », a-t-il rétorqué.
Le maire a précisé que la politique d'indemnisation s'applique « pour ceux qui ont une délégation, et pas une délégation fantoche », tout en reconnaissant que « le travail de conseiller ne s'exerce pas qu'en commission mais souvent ailleurs ». Il a néanmoins concédé que la présence en commission devait être peut-être plus assidue, s'engageant à y être attentif.
Concernant la demande de baisse globale des indemnités, Joël Hocquelet a estimé que l'enveloppe « n'est pas délirante », affirmant avec force : « On travaille, et je pense que personne ici ne vole les indemnités, ni ne s'enrichit. »
Un vote révélateur des divisions
Malgré ces explications, les huit élus d'opposition présents ont maintenu leur position et ont voté contre l'attribution de ces indemnités. Ce vote illustre les tensions persistantes au sein du conseil municipal de Marmande et laisse présager des débats animés pour les séances à venir, notamment sur les questions budgétaires et de transparence.
La polémique dépasse le simple cadre financier ; elle touche à des principes fondamentaux d'équité, de reconnaissance du travail des élus et d'optimisation des deniers publics. Elle met en lumière les défis auxquels sont confrontées les collectivités locales dans un contexte économique tendu, où chaque euro dépensé doit être justifié et où la confiance des citoyens envers leurs représentants est plus que jamais scrutée.



