Le tribunal administratif de Paris a confirmé l'interdiction par la préfecture de police de Paris de la manifestation du Comité du 9-Mai, un groupe néofasciste, ainsi que celle de la contre-manifestation antifasciste, qui étaient toutes deux prévues samedi 9 mai dans la capitale, rapportent « Libération » et « Le Monde ».
Une décision motivée par des antécédents violents
Le préfet de police de Paris Patrice Faure avait longuement motivé, dans un arrêté long de quatre pages, sa décision d'interdiction de la manifestation du Comité du 9-Mai. Il revient sur l'historique d'actions du groupuscule d'extrême droite puis rappelle que lors de la marche similaire organisée le 10 mai 2025, « plusieurs participants » avaient « dissimulé volontairement tout ou partie de leur visage sans motif légitime », et ce malgré « l'engagement formel des organisations » à faire « cesser de tels agissements ». Ce qui constitue pourtant un délit selon l'article 431-9-1 du Code pénal. Face à cette entorse répétée à la loi, le préfet de police considère alors un « risque sérieux » de récidive.
Patrice Faure fait aussi savoir que l'année dernière des « militants ont été interpellés » pour des saluts nazis et que « plusieurs manifestants ont arboré des symboles associés à l'idéologie néonazie ».
Un contexte politique tendu après la mort de Quentin Deranque
En parallèle, la Préfecture de Police fait aussi mention d'un « contexte politique tendu et très polarisé », rappelant la mort du militant de la mouvance néonazie Quentin Deranque, lynché le 16 février 2026 à Lyon, lors d'une rixe avec des militants antifascistes. Un lynchage, qui avait particulièrement fait réagir les mouvements d'extrême droite partout en Europe. Et ce, alors même que ce rendez-vous du 9 mai devrait accueillir « des militants ultranationalistes parmi les plus radicaux et en provenance de plusieurs pays européens, notamment de la Hongrie, de l'Allemagne, de l'Autriche, de l'Espagne et de l'Italie ».
Le jour même de la publication des arrêtés, le Comité du 9-Mai avait manifesté son intention de contester cette décision devant la justice. En 2024 et 2025, le tribunal administratif avait suspendu l'interdiction de la manifestation, contrairement à cette fois-ci. « Libération » souligne que c'est la première fois depuis 2008 que ce défilé rituel d'extrême droite est interdit.



