Jean-Jacques Lasserre dévoile sa vision centriste avant les municipales dans les Pyrénées-Atlantiques
Lasserre expose sa vision centriste avant les municipales en Béarn et Pays basque

Le président départemental livre son analyse à un mois du scrutin municipal

À un mois précis du premier tour des élections municipales, Jean-Jacques Lasserre, président du Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, a décidé de partager publiquement sa lecture de la campagne électorale en cours dans le Béarn et le Pays basque. Bien qu'il affirme d'emblée « ne pas jouer de rôle direct » dans cette bataille locale, le leader centriste reconnaît être « sollicité » et souhaite clarifier sa position « centriste et centrale » sur ce scrutin déterminant pour l'avenir du territoire.

Une mise en garde contre la polarisation croissante

Jean-Jacques Lasserre souligne que le département des Pyrénées-Atlantiques possède une tradition politique modérée, historiquement ancrée au centre avec une inclination à droite, à l'image de sa majorité au sein de l'exécutif du Parlement de Navarre. Il insiste sur la nécessité de préserver « ce rassemblement que symbolise notre groupe Forces 64 ». Cependant, il exprime une inquiétude grandissante face à « une extrémisation des attitudes et des offres » observable tant au niveau national que local.

Le président départemental met spécifiquement en garde contre « l'effet glissant du Rassemblement national », mais aussi contre « les attirances de la gauche de la gauche, notamment au Pays basque avec EH Bai (gauche nationaliste modérée) », phénomène perceptible lors des dernières élections législatives. « Cette situation ne me laisse pas insensible », confie-t-il, réaffirmant son soutien à tous ceux qui défendent des valeurs de respect et prônent une expression centrale, dans un esprit de rassemblement inclusif.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Trois thèmes clivants au cœur des débats

Jean-Jacques Lasserre identifie trois sujets principaux qui, selon lui, alimentent la polarisation des débats dans les Pyrénées-Atlantiques comme ailleurs en France :

  • Le logement : Il déplore des « positions clivantes qui deviennent électoralistes et ne portent pas leurs fruits ».
  • L'agriculture : Il appelle à « une relation plus apaisée et ouverte » avec les militants environnementaux.
  • L'immigration : Il souhaite lutter contre « les formules et les comportements lapidaires et souvent trop simplistes » et agir « avec méthode et respect ».

Le leader centriste insiste particulièrement sur la nécessité de ne pas instrumentaliser les questions identitaires, qui peuvent parfois verser dans le populisme. « La protection de l'identité ne doit pas se confondre avec une attitude de fermeture. Il faut au contraire faire preuve d'exigence, de réflexions, de débats libres et apaisés, à l'opposé de tout clivage. Sans quoi, le lien social peut s'affaiblir », prévient-il.

Une opposition ferme à la collectivité unique au Pays basque

Jean-Jacques Lasserre exprime un malaise certain face au discours abertzale et à « la tentation de monopole sur la défense de l'identité portée par EH Bai ». Il reproche à certains de ses membres « d'avancer masqués » et s'oppose catégoriquement à l'émergence d'une collectivité unique à statut particulier au Pays basque. Une telle structure serait, selon lui, « très symbolique d'une organisation écartant les fondamentaux de la République, très éloignée de l'identité profonde du Pays basque ».

Cette revendication, partagée par les abertzale et une partie des élus de la communauté d'agglomération Pays basque – dont son président actuel Jean-René Etchegaray – représenterait un pas vers l'autonomie administrative du territoire, en contradiction avec l'organisation départementale actuelle.

Un scrutin suivi avec une attention particulière

Jean-Jacques Lasserre suivra donc les résultats des 15 et 22 mars prochains avec une vigilance accrue. Il apportera son soutien aux candidats incarnant la pensée centriste et surveillera attentivement l'évolution du mouvement abertzale au Pays basque. Notons que plusieurs conseillers départementaux de sa majorité sont directement impliqués dans la campagne, soit sur la ligne de départ, soit proches des têtes de liste.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Ce positionnement public, à un mois d'un scrutin municipal crucial, illustre la volonté du président du Conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques d'influencer le débat politique local en défendant une voie modérée, face aux forces de polarisation qu'il perçoit comme grandissantes.