Imane Khelif recalée par les élus LR et RN en Auvergne-Rhône-Alpes
Imane Khelif recalée par LR et RN en Auvergne-Rhône-Alpes

Des lycéens de la région Auvergne-Rhône-Alpes ont proposé de baptiser une salle de sport du nom de la boxeuse Imane Khelif, mais les élus Les Républicains (LR) et Rassemblement National (RN) ont rejeté cette initiative. La proposition, soumise dans le cadre d'un projet pédagogique, visait à honorer la sportive franco-algérienne, médaillée aux Jeux olympiques. Selon les lycéens, Imane Khelif incarne des valeurs de persévérance et de réussite.

Un rejet motivé par des considérations politiques

Les élus LR et RN ont justifié leur refus en arguant que la boxeuse ne correspondait pas aux critères de mise en valeur du sport régional. « Nous privilégions des figures locales ou nationales qui représentent pleinement les valeurs de notre région », a déclaré un élu LR, sous couvert d'anonymat. De leur côté, les lycéens ont exprimé leur déception, estimant que ce rejet était « politique » et qu'il ne tenait pas compte de la dimension sportive et humaine de la proposition.

La région Auvergne-Rhône-Alpes, dirigée par Laurent Wauquiez (LR), a déjà été critiquée par le passé pour des choix controversés dans l'attribution de noms à des équipements publics. Ce nouveau refus relance le débat sur la place des sportifs issus de l'immigration dans l'espace public. Selon un sondage local, 62% des habitants de la région estiment que les critères de sélection devraient être uniquement sportifs.

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Imane Khelif, une sportive reconnue

Imane Khelif, née en Algérie et naturalisée française, a remporté une médaille de bronze aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020 dans la catégorie des poids welters. Elle est également championne d'Europe et multiple championne de France. Sa carrière est marquée par un parcours exemplaire, débuté dans un club de boxe de banlieue. « Elle est un modèle pour beaucoup de jeunes, quelles que soient leurs origines », a souligné un professeur impliqué dans le projet.

La proposition des lycéens s'inscrivait dans un programme éducatif visant à promouvoir l'égalité et la diversité à travers le sport. Le rejet a suscité des réactions indignées de la part d'associations antiracistes et de syndicats enseignants. « C'est un signal inquiétant envoyé aux jeunes », a déploré un représentant de la Ligue des droits de l'Homme.

Des précédents dans la région

Ce n'est pas la première fois que la région Auvergne-Rhône-Alpes est au cœur d'une polémique sur le nom d'un équipement sportif. En 2022, une piscine avait été baptisée du nom d'un nageur local, suscitant des critiques sur le manque de diversité. Laurent Wauquiez avait alors défendu le choix en affirmant qu'il s'agissait de « mettre en avant les talents de notre territoire ». Cependant, des opposants pointent du doigt une ligne politique « identitaire » qui exclut les figures issues de l'immigration.

La région compte 1 200 équipements sportifs, dont moins de 5% portent le nom d'une personnalité issue de la diversité. Selon une étude de l'Observatoire des discriminations, ce chiffre est inférieur à la moyenne nationale. Les lycéens, quant à eux, envisagent de relancer leur proposition via une pétition en ligne, qui a déjà recueilli 3 500 signatures en 48 heures.

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