Guillaume Decard : « La mairie de Puget-sur-Argens n’est pas un tremplin »
Guillaume Decard : « La mairie de Puget-sur-Argens n’est pas un tremplin »

Cent jours. C’est le temps qu’il faut souvent pour quitter l’euphorie de l’élection et entrer pleinement dans la réalité du mandat. À l’occasion de ce cap symbolique, Var-matin est allé à la rencontre, dans l’Est-Var, des maires élus pour la première fois afin de recueillir leurs impressions. Premier rendez-vous avec Guillaume Decard, nouveau maire de Puget-sur-Argens.

Dans le salon qu’il a réaménagé, près de son bureau, la télévision diffuse CNews, mais sans le son. Le silence est simplement rompu par les notes de FIP, la radio que Guillaume Decard écoute volontiers. Un bureau qu’il a entièrement repensé depuis son arrivée à l’hôtel de ville. « Avant, c’était un peu soviétique », sourit-il. Les lieux portent désormais son empreinte : quelques tableaux, des photographies, des souvenirs et des récompenses personnelles. « J’avais besoin de m’y sentir bien. C’est important d’avoir ses marques pour travailler. » Le décor est planté avant d’évoquer, 100 jours après son élection, les premiers pas d’un maire qui découvre encore les multiples facettes de sa fonction.

Un retour aux racines

Si l’on avait dit au Guillaume Decard des années 2010, alors adjoint à la culture à Saint-Raphaël, qu’il sera maire de Puget en 2026, comment l’aurait-il pris ? « C’était tout le sens de mon engagement politique. Il date de 1998, et déjà l’envie, c’était d’être maire. Mon engagement repose sur ça. Pourquoi maire et pas une autre fonction politique ? Pour moi, c’est le graal. C’est l’une des plus belles fonctions qui puissent exister en politique. D’une part pour la proximité avec la population, et d’autre part par l’intérêt général que vous pouvez apporter sur votre territoire. Et la facilité de pouvoir le façonner. »

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Le jeune Guillaume Decard ne pensait pas forcément à Puget-sur-Argens, cependant ? « Puget non, mais c’est un retour aux racines. Mes débuts politiques ont démarré ici. Et mes premières réunions publiques ont été faites à Puget, à l’espace Cezanne. Revenir ici, c’était logique. »

Et maintenant, ce que vous vivez correspond-il avec l’idée que vous vous faisiez d’être maire ? « Oui, ça me conforte dans mes idées. Et c’est indéniable que ma vie a changé... Je dois être disponible pour la population 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Je reçois de nombreux messages par différents canaux, j’essaie de répondre à tout le monde même si ce n’est pas toujours facile ! »

Des audits pour un état des lieux

Y a-t-il des choses auxquelles vous ne vous attendiez pas ? « Je m’étais préparé, donc non, pas vraiment. à part deux ou trois choses que je découvre sur l’héritage de la précédente municipalité. » À ce sujet, vous avez évoqué réaliser bientôt des audits... « Oui, on va faire un état des lieux. Sur les aspects financier, humain, urbain. Sur la gestion du centre technique municipal, sur sa politique des achats. Et connaître ainsi les points positifs, les négatifs et ceux à améliorer. D’ici fin octobre, on aura une vision globale. De plus, avec mon directeur général des services, on restructure le fonctionnement de la collectivité. »

Quand on regarde vos cent premiers jours, assumez-vous le fait que la sécurité est votre principal cheval de bataille ? « Assurément. C’est le point central de la réussite et du bien-être de notre collectivité. Nous allons y mettre les moyens – renfort des effectifs de la police municipale, création de la brigade semi-nocturne, plus de caméras, le lancement du dispositif Voisins vigilants, des relations encore plus étroites avec la gendarmerie, etc. C’est l’enjeu numéro un car de la sécurité découle tout le reste : se sentir bien dans sa ville, avec ses voisins, sortir réaliser des activités, etc. »

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Des relations tendues avec l’opposition

Vous en êtes à votre troisième conseil municipal. Ils se déroulent de façon apaisée, sauf avec Martine Arenas. Avez-vous une revanche personnelle avec elle ? « Moi je n’en ai pas. Elle oui, c’est sûr. Mon objectif, c’est de travailler dans l’intérêt de notre commune. Ça passe dans le dialogue et la réflexion avec l’ensemble des élus du conseil municipal. Nous l’avons aujourd’hui avec le groupe de Noël Azzopardi. Je salue sa lucidité, son engagement et les liens constructifs qu’on peut partager ensemble. Et dans le groupe de Mme Arenas, je dialogue avec M. Pellegrino, on peut même se retrouver sur un certain nombre de sujets. En revanche avec Mme Arenas, elle met des bâtons dans les roues... Car en sa qualité de conseillère départementale, elle fait barrage en refusant de nous apporter des subventions pour la commune. »

Elle et certains autres vous reprochent du copinage notamment avec la toute nouvelle association qui organise des banquets, en leur offrant une grosse subvention (1). Que répondez-vous ? « C’est grave de parler de copinage. Ce sont trois jeunes Pugétois qui ont décidé de monter une association et d’organiser un grand repas, et la commune les accompagne en terme de logistique et de subvention. C’est un repas payant mais la commune subventionne le comité des fêtes aussi, et ce dernier fait aussi payer ses repas. La commune subventionne le Mas des Escaravatiers, et celui-ci a une billetterie pour ses concerts. Tout est fait dans les règles, tout se passe comme quand nous accompagnons toute autre structure – culture, sport, etc. »

Même si l’association, créée il y a moins de trois mois, n’a pas encore fait ses preuves comme celles que vous avez citées ? « Nous sommes là pour accompagner toute nouvelle association, comme ça se fait dans bien d’autres communes. Moi je n’ai rien à cacher. Mon bureau est ouvert ! J’ai toujours joué dans la transparence. Et ce n’est pas aujourd’hui que je vais changer. »

Un maire bâtisseur pour la durée

Est-ce que le regard de vos pairs a changé depuis que vous êtes maire ? « Je travaille en bonne intelligence avec les autres maires du secteur, nous tissons des liens qui servent pour nos territoires, c’est comme ça que je conçois mon travail. L’important est que nous parlions d’une même voix au sein de l’agglomération, c’est la volonté du président d’ECAA et des maires qui l’entourent. On est à l’unisson et, chacun dans ses missions, on a tous à cœur d’avancer main dans la main pour que le territoire avance. De plus, j’essaie de tisser des liens aussi avec d’autres communes ailleurs, notamment avec le Pays de Fayence, par exemple au sujet du tourisme et de l’attractivité de nos territoires. »

Avez-vous l’ambition de durer à la tête de la commune, tant que les électeurs vous choisiront ? « Je veux avant tout exercer mon mandat et respecter mon programme, appliquer ma feuille de route. Et oui, je veux servir les Pugétois autant de temps qu’ils voudront de moi. C’est mon crédo : servir. Je ne me vois pas à Paris ! ça ne me correspond pas. »

Certains vous imaginent si ambitieux qu’ils pensent que Puget ne serait qu’un tremplin avant de viser plus haut encore. Que leur répondez-vous ? « La mairie de Puget-sur-Argens n’est certainement pas, absolument pas un tremplin. Je suis arrivé là où je voulais être. Je suis heureux ainsi. J’espère l’être encore longtemps. Si on parle d’ambition, mon idée serait, à terme, d’être un “maire bâtisseur” pour cette commune. Pour le bien-être de Puget-sur-Argens. »

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1. L’association Comité Côte de bœuf va recevoir 3 000 euros de subvention exceptionnelle pour l’organisation de son banquet – le repas est payant, le banquet du 4 juillet affiche complet.

L’avis de l’opposition

Principale voix de l’opposition, du moins celle qu’on entend le plus, Martine Arenas estime que sur le thème de la sécurité, « il ne suffit pas d’arriver triomphant et annoncer tout ce qu’il a dit : l’agrandissement de la police municipale était de notre fait, de la municipalité précédente. Alors il a beau jeu de parader : c’était aussi dans notre programme, notamment l’augmentation des effectifs de police municipale. » Plus généralement, sur les cent premiers jours du maire, l’élue d’opposition estime que le maire « bénéficie en partie de ce qui a été conçu avant lui », et assure « ne pas vouloir mettre des bâtons dans les roues de Guillaume Decard, car j’ai toujours favorisé Puget. Je n’ai pas non plus de problème personnel avec lui, je ne veux faire que mon rôle d’opposante. En faveur de Puget. »