Le gouvernement fait marche arrière sur la réforme du 1er-Mai
Dans un revirement significatif, le gouvernement a annoncé lundi soir qu'il renonçait à faire adopter en urgence la proposition de loi controversée sur le travail le 1er-Mai. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a décidé de ne pas demander la convocation de la commission mixte paritaire qui devait permettre l'adoption définitive du texte après son rejet tactique à l'Assemblée nationale vendredi dernier.
Une réunion tendue au ministère du Travail
Cette annonce fait suite à une réunion houleuse au ministère du Travail entre le ministre Jean-Pierre Farandou et les dirigeants syndicaux, vent debout contre cette réforme. « Le gouvernement est conscient de la sensibilité particulière de ce sujet », a déclaré le ministre à l'issue des discussions. « C'est la journée des travailleurs et des travailleuses, c'est le seul jour férié, chômé et payé. Ce principe général doit continuer à prévaloir même si certaines dérogations sont possibles ».
Un déminage politique nécessaire
Le gouvernement opère ainsi un déminage politique sur un dossier particulièrement inflammable à l'approche du 1er-Mai. Dès dimanche, Matignon avait promis qu'il n'y aurait pas de « passage en force », anticipant les fortes mobilisations syndicales. La proposition de loi, soutenue par les macronistes, la droite et l'extrême droite, devait autoriser le travail dans :
- Les commerces de bouche de proximité (boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries)
- Les fleuristes
- Les établissements culturels (cinémas, théâtres)
Réactions contrastées des acteurs politiques
La leader de la CGT, Sophie Binet, s'est réjouie que le ministre « ait entendu les alertes des organisations syndicales ». À l'inverse, le patron des Républicains Bruno Retailleau a dénoncé des « capitulations à répétition » du gouvernement. Cette décision renvoie de facto la question du travail le 1er-Mai à après l'élection présidentielle de 2027, marquant une pause significative dans ce dossier social explosif.
Le recul gouvernemental illustre la difficulté à réformer le droit du travail sur des symboles aussi forts que le 1er-Mai, journée traditionnelle de mobilisation syndicale et de défense des droits des travailleurs. Cette décision intervient dans un contexte social tendu où le gouvernement cherche à éviter une nouvelle crise sociale majeure.



