Un quart de siècle à la tête de Nîmes : le maire Jean-Paul Fournier fait ses comptes
À quelques mois des élections municipales de 2026, Jean-Paul Fournier, maire de Nîmes depuis 2001, dresse un bilan exhaustif de son dernier mandat et de ses vingt-cinq années à la tête de la cité gardoise. "Quand je vois le résultat, je me dis c'est pas mal, on a bien bossé", confie l'édile, pour qui ces décennies "ont été très rapides".
Les grandes réalisations : du palais des congrès à l'Unesco
Interrogé sur les moments forts de son mandat, Jean-Paul Fournier cite en premier lieu le palais des congrès, "un gros projet placé dans un endroit stratégique au cœur de la ville, sur le quartier Montcalm". Il évoque également le parc Jacques-Chirac et surtout l'inscription de la Maison Carrée au patrimoine mondial de l'Unesco, obtenue à Riyad après plusieurs tentatives. "Si on n'avait pas obtenu l'inscription, j'aurais arrêté, c'est trop pénible, il y a trop de contraintes", révèle-t-il, tout en se félicitant des retombées touristiques déjà perceptibles.
Les dossiers sensibles : stades, halles et polémiques
Le feuilleton du Nîmes Olympique et l'avenir des stades ont largement occupé ce mandat. "Tant qu'on peut jouer aux Antonins, on y reste", affirme le maire, estimant que la rénovation des Costières coûterait "25 à 30 M€, c'est énorme". Concernant la halle des sports, il reconnaît un problème de parking lié au stade des Antonins. La rénovation des Halles, quant à elle, avance malgré "les étaliers qui voudraient parfois le beurre et l'argent du beurre".
Parmi les regrets assumés, la triennale d'art contemporain "La Contemporaine" : "Là, c'est une erreur. On s'est planté. Ça a coûté très cher pour peu de retombées et peu de monde." Certains projets du programme 2020, comme la transformation du Parnasse en arena ou la maison du commerce, ont été abandonnés pour raisons financières.
Sécurité, environnement et vie des quartiers
Sur la violence dans les quartiers, Jean-Paul Fournier rejette la notion d'échec : "Ce n'est pas un échec pour moi, ça dépend de l'État !" Il met en avant le recrutement de 35 policiers supplémentaires, les renforts de CRS et l'inauguration du centre de supervision urbaine. Pour l'environnement, il concède que l'objectif de 50% d'investissement n'a pas été atteint, mais cite le permis de végétaliser, la forêt des enfants et les 54 hectares des Terres de Rouvière.
Crises politiques et avenir de la droite nîmoise
Le mandat a été marqué par des tensions au sein de la majorité, notamment l'affaire Richard Flandin et la fracture avec l'ancien premier adjoint. "C'est sûr que j'en ai des regrets... Je n'ai pas pu les faire se rencontrer", déclare le maire à propos des prétendants Julien Plantier et Franck Proust. Alors que Nîmes reste la plus grande ville de France tenue par la droite, il exprime "de l'inquiétude pour la suite" mais pense que "la tête de liste LR va s'en sortir".
Regrets personnels et tournant de mars 2026
Parmi ses regrets, Jean-Paul Fournier cite la gare Nîmes-Pont du Gard qu'il aurait préféré voir construire à Garons plutôt qu'à Manduel. Mais il se félicite de n'avoir "pas augmenté nos impôts depuis 2001" et d'avoir "même baissé un petit peu la dette".
Le 23 mars 2026 marquera la fin de "43 ans de vie politique" pour l'édile, qui devra quitter son bureau chargé de souvenirs, dont sa collection de masques africains. "Je suis un maire heureux et fier", conclut-il, évoquant les remerciements des Nîmois dans la rue comme la plus belle récompense de son engagement.



