Fabien Ruet, un parcours politique de dix-huit ans couronné à Bergerac
Élu au Conseil municipal de Bergerac depuis 2008, Fabien Ruet a finalement remporté la mairie à l'issue du second tour des élections municipales, dimanche 22 mars. Le socialiste, âgé de 46 ans, a mené avec succès la liste d'union de la gauche, mettant fin à des années de labeur politique dans cette ville de Dordogne.
Une victoire sans triomphalisme ni esprit revanchard
Dès l'annonce de sa victoire par le maire sortant Jonathan Prioleaud, Fabien Ruet a tenu à remercier son prédécesseur et à balayer toute idée de revanche. « Très ému », il a immédiatement placé son discours sous le signe de l'intérêt général et du sens des responsabilités. Deux jours plus tard, mardi 24 mars, il confirmait sa prise de fonction prévue pour vendredi 27 mars lors du premier Conseil municipal de sa mandature.
Un long chemin semé d'obstacles et de rebondissements
Le parcours politique de Fabien Ruet n'a pas été linéaire :
- Dès 2015, il tente sans succès de se faire un nom aux élections départementales.
- Battu aux municipales de 2020 après six ans dans l'opposition, il traverse une période de « flottement ».
- Son alliance controversée avec les listes Benfeddoul-Gauthier en 2020 laisse des traces durables au sein de la gauche bergeracoise.
En 2023, le lancement de la page Facebook Bergerac citoyen marque un tournant. Fabien Ruet tend alors la main au groupe communiste de Julie Téjérizo, constatant qu'ils partagent « des combats en commun ». Bien qu'il réfute l'idée d'une précampagne, son objectif est clair : créer un projet alternatif pour Bergerac.
Une stratégie de terrain et de mobilisation citoyenne
Avec l'appui des réseaux sociaux et un travail de porte-à-porte, son collectif rassemble 81 membres en octobre 2023 et lance des « enquêtes thématiques » sur :
- La propreté
- La sécurité
- La santé
- Les déplacements
L'équipe veut « écouter les préoccupations quotidiennes » et aller « à la rencontre » des habitants. Cette approche lui permet de séduire des mécontents, comme Jean-Marc Bernardini qui deviendra le communiquant de sa campagne.
Les fractures et les réconciliations de la gauche bergeracoise
La gauche locale reste longtemps méfiante envers Fabien Ruet, qui avait franchi une ligne rouge en s'alliant à La République en marche en 2020. En 2023, le groupe Bergerac en commun affirme que les discussions ne sont pas à l'ordre du jour.
Les législatives de juin 2024 changent radicalement la donne. Réunies sous la bannière du Nouveau Front populaire pour faire barrage à l'extrême droite, toutes les composantes de la gauche poursuivent les discussions en vue des municipales. À l'automne 2024, ni les communistes ni La France insoumise ne veulent faire de « chèque en blanc » au candidat socialiste, mais les réticents reconnaissent : « On n'a pas le choix » face à la fracture nationale.
La campagne municipale : entre unité et dernières tensions
En parallèle, Fabien Ruet mène une campagne discrète au Conseil municipal, critiquant les budgets et attaquant certaines décisions. Le local de Bergerac citoyen sur le boulevard Maine-de-Biran, souvent allumé à la nuit tombée, devient l'épicentre de cette précampagne.
En septembre 2025, la gauche unie lance sa campagne dans une salle Jean-Barthe comble, avec Fabien Ruet en tête de liste. Il remercie Julie Téjérizo et se félicite qu'ils aient « surmonté les divisions ». En coulisses, certains jugent cependant que « cela va être difficile » de remporter la bataille.
En décembre, la liste est présentée. Deux jours plus tard, La France insoumise fait scission, estimant que « le nombre et la position des candidats ne sont pas conformes au poids électoral » du parti. Mais LFI ne parvient pas à monter une liste concurrente, laissant Fabien Ruet en position de force à gauche, position qu'il consolidera jusqu'à sa victoire finale en mars.



