L'enquête sur le député Sébastien Delogu clôturée sans poursuite, une affaire qui secoue la campagne municipale à Marseille
Enquête sur Delogu clôturée sans poursuite, impact sur les municipales

Le député La France insoumise (LFI) Sébastien Delogu a quitté l’hémicycle lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale à Paris, le 20 janvier 2026. Cette scène symbolique précède une annonce judiciaire majeure : le parquet d’Aix-en-Provence a clôturé, dimanche 9 février, une enquête concernant des échanges présumés entre le parlementaire et un dealer, sans engager de poursuites. Cette affaire survient en pleine campagne des élections municipales à Marseille, où M. Delogu est candidat, illustrant l’impact épineux du narcotrafic sur les candidats.

Une enquête close après vérifications

Le procureur de la République d’Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon, a communiqué dimanche soir à l’Agence France-Presse que l’enquête était désormais close. « Il y avait la nécessité d’opérer des vérifications, ça a été fait », a-t-il déclaré, précisant que M. Delogu a « justifié dûment des livraisons de colis ». Le magistrat a confirmé qu’un des dealers impliqués était livreur de colis de profession, en plus de son « activité parallèle pour laquelle il a été condamné ».

Plus tôt dans la journée, M. Delogu s’est présenté à la brigade de gendarmerie d’Aix-en-Provence aux côtés de son avocat, Yonès Taguelmint. Cette audition, tenue à leur demande selon Me Taguelmint, a permis de réaffirmer l’absence de liens entre le député et le trafic de stupéfiants. « Il n’y a aucun lien, de quelque manière que ce soit, entre M. Sébastien Delogu et le trafic de stupéfiants », a insisté l’avocat à l’issue de l’entretien.

Contexte médiatique et réactions politiques

Cette audition intervient à quelques semaines du scrutin des 15 et 22 mars, suite à des informations publiées par Le Canard enchaîné. L’hebdomadaire révélait une enquête à Aix-en-Provence et le démantèlement d’un point de deal, avec l’arrestation de deux hommes. L’un d’eux aurait eu des échanges avec le député « insoumis » concernant « la livraison de colis ».

Me Taguelmint a fourni aux autorités des justificatifs, incluant des factures d’achats et des bons de livraison, démontrant que M. Delogu était en contact avec un livreur pour réceptionner des meubles. « Il s’avère que la personne qui travaillait pour la société de livraison a, elle, été condamnée pour trafic de stupéfiants dans une procédure dans laquelle nous ne sommes évidemment pas impliqués », a-t-il expliqué.

Dans une campagne municipale marseillaise émaillée de polémiques, Me Taguelmint a dénoncé « une musique calomnieuse en cours », appelant à « éteindre l’incendie ». Dans un communiqué, il a assuré que les éléments transmis aux autorités judiciaires permettaient « d’établir clairement la réalité des faits et d’acter la clôture de ce volet de la procédure ».

Réactions des adversaires et enjeux locaux

Les informations du Canard enchaîné ont provoqué des réactions vives parmi les adversaires de M. Delogu. Le Printemps marseillais, coalition de gauche emmenée par le maire sortant Benoît Payan, a exigé « des explications », martelant sur son compte X qu’« aucune forme de lien ne peut exister avec les narcotrafiquants ». En réponse, l’équipe de campagne de M. Delogu a dénoncé « une polémique infamante de l’extrême droite ».

Régulièrement, Marseille est sous les projecteurs en raison du fléau de la drogue, qui gangrène certains quartiers où des clans rivaux se disputent le contrôle de points de deal. Les autorités mettent en avant une baisse drastique des assassinats liés au trafic ces dernières années, mais des militants déplorent une réponse essentiellement sécuritaire et un désengagement de l’État dans les quartiers touchés.

Le thème du narcotrafic est revenu sur le devant de la scène avec l’exfiltration en urgence, jeudi, du militant marseillais Amine Kessaci avant un meeting électoral à Aix-en-Provence, en raison d’une alerte sécurité. Ce militant de 22 ans, symbole de la lutte contre le narcotrafic, vit sous protection policière depuis août, après l’assassinat de deux de ses frères.

Autres affaires judiciaires et perspectives

Parallèlement, M. Delogu, âgé de 38 ans et député des quartiers nord de Marseille, doit être jugé en juin pour diffusion de documents privés volés, dans le cadre d’un conflit social impliquant un entrepreneur. Cette affaire illustre les multiples défis auxquels font face les candidats dans un contexte électoral tendu.

Cette séquence judiciaire et politique souligne l’importance des enjeux sécuritaires et sociaux à Marseille, où la campagne municipale continue d’être marquée par des tensions et des débats sur la lutte contre le narcotrafic.