Conseil municipal houleux à Biarritz : joutes verbales et excuses de Serge Blanco
Conseil municipal houleux à Biarritz : joutes et excuses

Une séance municipale sous tension à Biarritz

Le conseil municipal de Biarritz, réuni jeudi soir, a offert un spectacle animé loin des chansons traditionnelles évoquant bottes d'oignon ou pandores. L'atmosphère était plutôt au « crêpage de chignon », dans un esprit que l'anarchiste Georges Brassens n'aurait pas renié. Les échanges verbaux ont été vifs, bien que cantonnés aux mots, entre les deux figures politiques locales que sont Nathalie Motsch et Maider Arosteguy.

Des invectives acérées entre élues

Les deux femmes, souvent qualifiées de « gaillardes » dans le paysage politique biarrot, ont engagé un duel verbal intense. Nathalie Motsch a lancé : « Vous avez failli, on va ouvrir les placards », sur un ton accusateur. Maider Arosteguy a répliqué avec une attaque ciblée : « Vous travaillez pour une banque qui finance 21 % de la dette de la ville, consultez le déontologue ». Cette rivalité, née de leur opposition en tant que têtes de liste lors des municipales de 2020, perdure depuis six ans et ne montre aucun signe d'apaisement.

Les excuses du maire Serge Blanco

La séance, interrompue à deux reprises et marquée par le départ de huit élus d'opposition, s'est conclue par des excuses publiques du maire Serge Blanco. S'adressant à la soixantaine de Biarrots présents, dont l'ancien maire Michel Veunac, il a comparé la situation à un match de rugby : « Y a eu des hostilités, c'est comme dans un match de rugby, y a des moments plus virils que d'autres… Je vous promets que ce ne sera pas toujours comme ça ». Cette affluence était exceptionnelle ; habituellement, depuis douze ans, les chaises réservées au public restent vides, les habitants préférant suivre les débats sur la chaîne YouTube de la ville, sauf lors d'événements majeurs comme les matches du BO ou les concerts d'Aguilera.

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La question épineuse de la loi SRU

Parallèlement, Serge Blanco a rencontré le préfet et le sous-préfet pour présenter ses projets de logement en bail réel solidaire et plaider pour une application clémente de la loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbains). Le maire s'est dit optimiste, estimant avoir convaincu ses interlocuteurs et espérant une réduction de l'amende. Cependant, cet espoir rappelle l'expérience amère de Maud Cascino, ancienne adjointe à l'urbanisme, et de l'ex-maire Maider Arosteguy en 2023. Confiantes après une rencontre courtoise avec l'État, elles ont déchanté face au verdict de la préfecture : un doublement de l'amende. Comme avant elles Michel Veunac et Guy Lafite, elles ont appris que les bonnes intentions ne suffisent pas ; le préfet exige des réalisations concrètes, « voir des murs monter ».

Des remous dans la vie associative locale

Sur un autre front, l'association « Biarritz au cœur », récemment créée pour promouvoir les valeurs de droite dans la ville, a déjà perdu un de ses huit membres fondateurs. Fabrice-Sébastien Bach a décidé de « jeter l'éponge », citant des désaccords avec Emmanuelle Brisson et Adrien Boudousse, et dénonçant des manœuvres trop politiciennes. L'ancien adjoint au commerce affirme préférer le travail de terrain auprès des Biarrots aux calculs électoraux pour les prochains scrutins.

Les langues régionales en débat national

Les propos de l'ex-ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, sur les langues régionales, ont provoqué une vague de réactions. En ciblant l'enseignement immersif en Corse, qu'il estime menacer « l'indivisibilité de la République », il a déclenché les foudres d'Euskal Konfederazioa au Pays basque et du groupe transpartisan « Pour que vivent nos langues ». Créé en 2019, ce groupe dénonce une politique « linguicide » du gouvernement, notamment via la réforme du lycée de Blanquer. De la Corse à l'Alsace, en passant par la Bretagne et le Pays basque, les défenseurs des langues régionales ont vivement réagi, suggérant que Blanquer pourrait éviter ces régions pour ses vacances, lui restant Ibiza.

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Surveillance politique et souvenirs basques

À l'Assemblée nationale, les députés ont examiné la proposition de loi Renaissance sur la prévention des risques d'attentat, critiquée à gauche pour ses mesures d'exception. Le débat a été éclipsé par les révélations de Mediapart sur la surveillance de l'euro-députée LFI Rima Hassan. Le député Iñaki Echaniz a interrogé le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, sur d'éventuelles surveillances politiques, évoquant son collègue Peio Dufau et lui-même en raison de leurs liens avec des élus abertzale. Echaniz a rappelé à Nuñez son passé de sous-préfet de Bayonne, ramenant la discussion sur le terrain local basque.