Un dernier conseil municipal sous tension à Saintes
Pour le dernier conseil municipal du mandat, la sérénité aura une nouvelle fois été absente. Le mercredi 11 février 2026, dans un contexte préélectoral tendu, les élus de la majorité et de l'opposition se sont réunis pour une ultime séance marquée par des protestations et des accusations croisées.
Une levée protestataire démocratique
Pierre Maudoux a tiré sa révérence sur ce qu'il a qualifié de « lever protestataire démocratique ». Il s'est levé solennellement, déclarant : « Quand vous confondez autorité et autoritarisme, vous portez atteinte à cette institution ». Son geste a été suivi par plusieurs élus des oppositions, créant un mouvement symbolique de contestation.
Tour à tour, Didier Martin et Sabrina Chaborel se sont joints à lui. Puis quatre dissidents de la majorité ont enchaîné : Laurent Daviet (candidat à la mairie), Dominique Deren, François Ehlinger et Martine Buffet. Le groupe d'opposition constitué de Jean-Philippe Machon (candidat à la mairie), Jean-Pierre Roudier et Dominique Arnaud a suivi le mouvement. Seules les deux élues du groupe de gauche sont restées assises.
Des accusations de gouvernance autoritaire
Pierre Maudoux a déroulé son vécu du mandat : « Des décisions prises sans concertation réelle. Des projets présentés comme inéluctables. Des oppositions traitées comme des obstacles et non comme des voix légitimes ». Il a ajouté : « Votre gouvernance restera marquée par la concentration du pouvoir et la mise à l'écart systématique du contradictoire. Votre mépris du débat est aussi une violence démocratique ».
Le maire Bruno Drapron a écouté ces accusations avant de prendre la parole pour se défendre : « On ne peut pas, quand même, ne pas constater que les attaques de l'opposition ont été quelques fois violentes, ad hominem, et que j'ai répondu à la mesure de ce que je pouvais faire ». Il a rappelé que les propositions se font en commission et que « jamais une équipe majoritaire ne prendra en compte une proposition qui se fait sur un conseil municipal sans avoir pu faire le constat avant ».
Un mandat difficile pour tous
Thierry Baron, adjoint au maire, a exprimé sa totale incompréhension des reproches : « Constamment, les attaques ont été faites à un niveau qui n'avait rien à voir avec le débat démocratique ». Il a reconnu : « Je suis désolé de vous dire que j'ai mal vécu ce mandat comme vous. J'aurais aimé que ce mandat soit plus apaisé. C'était la première fois qu'il y avait trois oppositions à Saintes », plus un groupe de dissidents.
Il a ajouté : « J'ai pu m'énerver, et je le regrette pour certains et notamment contre vous. Faites-moi grâce du fait que, quand vous faites un conseil de cinq heures, qu'on vous amène constamment sur des choses qui n'ont rien à voir avec la délibération, ça puisse énerver ».
Le cas Évelyne Parisi
Les échanges se sont particulièrement envenimés au point n°18 de l'ordre du jour, concernant le « maintien ou non d'une adjointe dans ses fonctions », en l'occurrence Évelyne Parisi, adjointe au commerce et artisane de la candidature de Laurent Daviet. Ses délégations lui avaient été retirées en décembre 2025, et elle était absente de ce conseil.
Laurent Daviet a pris la parole pour la défendre : « Évelyne Parisi, c'est une femme de cœur du diocèse. C'est surtout une femme qui a été témoin de votre mariage, qui a offert tous ses réseaux, qui a très bien travaillé pour votre élection, qui a œuvré avec tout son cœur. Malheureusement, ça ne s'est pas très bien passé ».
Le maire a interrompu brièvement : « Trahison et déloyauté ». Laurent Daviet a poursuivi : « Il y a une règle en amitié qui dit qu'un ami qui n'est plus n'en a jamais été. Évelyne a très mal vécu son mandat parce qu'on ne l'a pas respectée, pas considérée ».
Une délibération contestée
Didier Martin, de l'opposition, a pointé « un drôle de cas d'école parce que vous nous demandez de nous positionner par rapport à cette délibération alors qu'on a ni les tenants, ni les aboutissants ». La situation s'est encore compliquée quand le maire a indiqué que sa majorité ne prendrait pas part au vote.
Bruno Drapron a rétorqué : « C'est notre choix ». Jean-Philippe Machon a commenté : « C'est ridicule. Il y a franchement une moquerie de plus dans ce conseil ».
Accusations de méthodes « trumpiennes »
François Ehlinger, ancien élu de la majorité, a déclaré : « Je suis bien placé pour parler de ça, vu ce que vous m'avez mis dans les dents pendant six ans. Vous avez une vision binaire, voire trumpienne ». Cette remarque a provoqué une montée de tension du côté de Bruno Drapron : « Vous venez de me traiter de trumpiste ! ». François Ehlinger a précisé : « Non, je parle de méthode trumpiste ».
Le retour aux préoccupations des habitants
Véronique Abelin-Drapron est intervenue pour recentrer le débat : « On parle des petits ego personnels, mais on ne parle jamais des Saintais, c'est complètement passé à la trappe de toutes les discussions depuis le début. La majorité ne se positionne pas, parce que ça ne nous paraît pas intéressant. Mais cette délibération est une obligation légale. Je préférerais vraiment qu'on parte assez vite de ce conseil. Franchement, nous, on a un sujet ce soir qui est de répondre aux Saintais qui s'inquiètent parce qu'ils ont l'eau qui monte ».
L'ancien maire Jean-Philippe Machon a réagi : « Si cette délibération n'intéresse personne, eh bien, elle ne nous intéresse pas non plus ».
Une conclusion sans changement
Finalement, après toutes ces tensions et échanges acerbes, la délibération n'a abouti à aucun changement. Évelyne Parisi conserve ses fonctions d'adjointe jusqu'à la fin de la campagne électorale, dans un mois et quelques jours. Ce dernier conseil municipal du mandat aura ainsi révélé les fractures profondes au sein de l'assemblée saintaise, dans un contexte où les élections municipales de 2026 approchent à grands pas.