Cogolin : l'opposition évincée du conseil d'administration de la régie du port
À Cogolin, une polémique municipale éclate concernant la composition du conseil d'administration de la régie autonome du port de plaisance. Le chef de file de la minorité, Pierre-Yves Tierce, exprime publiquement son regret de voir son équipe totalement absente de cette instance stratégique. La maire nouvellement élue, Isabelle Farnet-Risso, a en effet désigné exclusivement des élus issus de sa majorité pour siéger dans ce groupe de travail.
Une décision qui suscite des critiques
Isabelle Farnet-Risso, élue le 22 mars, a lancé une vaste réorganisation municipale. Après s'être attaquée au budget, elle a procédé à la désignation des représentants dans les commissions et conseils d'administration. Pour la régie du port, elle a choisi cinq élus de sa majorité : Nicolas Patacchini, Patrice Di Paolo, Isabelle Platriez, Serge Fintzel et Marc Cayrol. Ces désignations sont prévues pour une durée de trois ans.
Pierre-Yves Tierce a immédiatement réagi : « Je me suis permis de vous appeler il y a quelques jours pour vous proposer que notre groupe puisse disposer d'un siège. Vous avez refusé cette proposition et j'en prends acte. Pour être précis, vous m'avez indiqué 'ne pas y être totalement fermée à l'avenir, mais attendre de savoir si vous pouviez nous faire confiance' ».
La question de la cohérence politique
L'opposant a poursuivi son argumentation en rappelant le passé politique de la maire. « Vous aviez défendu ce principe de représentation de la minorité quand vous y étiez. Je crois que la cohérence en politique est une force. Ce que l'on demande hier, on doit pouvoir se l'appliquer aujourd'hui », a-t-il déclaré.
Pierre-Yves Tierce insiste sur la réalité démocratique : « Plus de 2 000 Cogolinois ont fait le choix de notre liste. Cela représente presque un électeur sur deux. Ils sont en droit d'être représentés dans les grandes instances de la commune. Cette demande s'inscrivait dans un esprit de contribution utile ».
La réponse de la maire
Isabelle Farnet-Risso a défendu sa position devant l'assemblée délibérante. « Actuellement, la présence d'un élu de la minorité ne figure pas dans les statuts de cette régie. Comme je vous l'ai dit, j'ai besoin d'avoir tout à fait confiance. Aujourd'hui, je ne vous connais pas suffisamment pour vous donner ce poste-là. Cependant, la porte n'est pas fermée. À vous de me prouver que vous pouvez y siéger ».
La maire a souligné son souci de la bonne entente du conseil municipal et de la transparence des informations. Elle a répété : « Comme je l'ai dit, rien n'est encore fermé M. Tierce », laissant entendre que la situation pourrait évoluer avec le temps.
Une analyse divergente des statuts
Pierre-Yves Tierce propose une lecture différente des documents officiels : « Pour les statuts, il y a marqué que ce sont des représentants du conseil municipal, sans précision. Effectivement, il n'y a aucun texte qui impose une représentation proportionnelle des groupes. C'était le choix de la confiance des 2067 Cogolinois qui ont voté pour nous ».
L'opposant conclut sur la notion de confiance : « Elle se construit dans le travail, dans le temps et dans le respect. Tendre la main à la minorité ne se mesure pas qu'aux intentions mais aussi dans les actes. Vous avez toujours la possibilité de reconsidérer votre décision ».
Cette situation illustre les tensions qui peuvent survenir dans les municipalités après les élections, particulièrement concernant la représentation des minorités dans les instances décisionnelles locales. Le débat se poursuit à Cogolin, avec des positions qui restent ouvertes à l'évolution.



