Braun-Pivet cherche le consensus mais le trouve contre elle-même
Braun-Pivet cherche le consensus mais le trouve contre elle

Yaël Braun-Pivet, la candidate de la majorité présidentielle pour la présidence de l'Assemblée nationale, a vu sa stratégie de consensus se retourner contre elle. Alors qu'elle espérait rassembler largement au-delà de son camp, les critiques ont fusé de toutes parts, y compris de ses propres rangs.

Une tentative de consensus qui divise

Braun-Pivet, députée des Yvelines et ancienne ministre des Outre-mer, avait fait du consensus son mot d'ordre. Elle a multiplié les consultations avec les différents groupes parlementaires, de la gauche à la droite, en passant par les écologistes. Mais cette ouverture a été perçue comme une faiblesse par certains de ses collègues de la majorité, qui lui reprochent de ne pas avoir défendu assez fermement les positions du camp présidentiel.

Selon une source proche du dossier, plusieurs députés de la majorité ont exprimé leur mécontentement lors d'une réunion interne. « Elle a tellement cherché le consensus qu'elle a fini par perdre le sien », a confié un député sous couvert d'anonymat. Les critiques portent notamment sur son absence de prise de position claire sur des sujets sensibles comme la réforme des retraites ou l'immigration.

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Une opposition qui se renforce

À gauche, la candidate n'a pas non plus convaincu. Les insoumis et les socialistes ont dénoncé une « opération de communication » sans réelle volonté de compromis. « Elle parle de consensus, mais c'est un consensus mou, sans substance », a déclaré un député LFI. Les écologistes, pourtant sollicités, ont également pris leurs distances, estimant que les propositions de Braun-Pivet manquaient d'ambition sur les questions environnementales.

À droite, Les Républicains ont ironisé sur cette quête de consensus qui « tourne au fiasco ». Le député LR Pierre-Henri Dumont a tweeté : « Braun-Pivet cherche le consensus, mais elle le trouve contre elle-même. »

Un échec aux conséquences incertaines

L'élection à la présidence de l'Assemblée, prévue pour le 30 juin, s'annonce plus serrée que prévu. Selon un sondage interne réalisé par le groupe LREM, Braun-Pivet recueillerait 45 % des intentions de vote des députés, loin des 60 % espérés. Si elle venait à perdre, ce serait un revers pour Emmanuel Macron, qui avait implicitement soutenu sa candidature.

« Cette situation révèle les fractures de la majorité », analyse le politologue Jean-Yves Dormagen. « Le consensus est un objectif louable, mais il ne peut pas être imposé. Braun-Pivet paie le prix de son manque de clarté politique. »

La candidate, elle, reste confiante. Dans un entretien à Libération, elle a affirmé : « Je continue à croire que le consensus est la seule voie possible pour faire avancer le pays. Je ne renonce pas à ma méthode. » Mais le temps presse, et les critiques se multiplient.

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