Une rentrée politique sous le signe des recompositions à Bayonne
Comme un parfum de rentrée scolaire, une atmosphère décontractée mais empreinte de curiosité a plané sur la première séance du nouveau conseil municipal de Bayonne. Sous un soleil printanier, les élus, dont plusieurs nouvelles têtes, cherchaient leurs marques dans l'hémicycle, sourires aux lèvres mais conscients des enjeux politiques qui se dessinent déjà.
La fin d'une union éphémère pour l'opposition de gauche
Dès l'ouverture de la séance, le maire réélu Jean-René Etchegaray a annoncé une nouvelle significative : les groupes de gauche conduits par Jean-Claude Iriart (Bayonne en mouvement) et Henri Etcheto (Bayonne tout simplement) retrouvaient leur pleine indépendance. Cette séparation intervient seulement 25 jours après leur fusion électorale, qui avait duré du 16 mars au lendemain du premier tour des municipales, soit jusqu'au 9 avril, date de ce conseil inaugural.
Cette situation rappelle étrangement celle de 2020, lorsque les listes d'Henri Etcheto (alors Bayonne Ville Ouverte) et de Mathieu Bergé (Demain Bayonne) s'étaient unies entre les deux tours des élections municipales avant de se séparer dès la première séance du conseil. Les sièges ont cependant changé de place : les cinq élus de Bayonne en mouvement occupent désormais les bancs où siégeait Bayonne Ville Ouverte, tandis que les quatre élus de Bayonne tout simplement ont pris place à l'emplacement précédent du groupe Demain Bayonne.
Seule la députée Colette Capdevielle demeure à peu près à la même place qu'au mandat précédent, mais après avoir changé de groupe politique au gré des dernières élections et pris ses distances avec Bayonne Ville Ouverte.
Une opposition élargie avec l'arrivée de l'extrême droite
À cette opposition de gauche désormais divisée s'ajoute un nouvel élu marquant une première dans l'histoire politique bayonnaise : Pascal Lesellier, représentant l'extrême droite, fait son entrée au conseil municipal après avoir obtenu la confiance d'une partie des électeurs lors du scrutin du mois dernier.
Stabilité apparente mais délégations en attente pour la majorité
Côté majorité, les changements semblent moins spectaculaires à première vue. Autour du maire Jean-René Etchegaray, les adjoints ont simplement échangé leurs places à sa gauche et à sa droite, comme un simple « switch » informatique. Seul Joseba Erremundeguy intègre officiellement l'équipe municipale, remplaçant Christian Millet-Barbé qui n'a pas souhaité se représenter.
Mais un mystère persiste : treize jours après la séance d'installation du 28 mars, les nouvelles délégations des adjoints ne sont toujours pas officiellement annoncées. « On les attend, elles arrivent », a déclaré le maire, laissant entendre que des arbitrages ultimes doivent encore être finalisés.
Malgré cette incertitude, une certaine continuité semble se dessiner. Lors de cette séance, Laurence Hardouin, précédemment en charge du développement durable, a présenté le rapport sur la situation de la ville dans ce domaine. Déborah Loupien-Suares, qui détenait cette compétence lors du mandat précédent, a défendu le rapport sur l'égalité entre les femmes et les hommes. Quant à Sylvie Durruty, première adjointe aux finances depuis 2014, elle a animé le débat sur les orientations budgétaires pour l'exercice 2026.
Prochain rendez-vous : le vote du budget primitif
La prochaine séance du conseil municipal est fixée au 30 avril, avec au programme le vote crucial du budget primitif. D'ici là, chaque élu aura dû trouver ses missions précises et ses repères dans cette nouvelle assemblée municipale recomposée, où les alliances électorales ont déjà laissé place aux réalités politiques du quotidien.



