Bardella et Le Pen réunis à Mâcon pour un meeting crucial avant le 7 juillet
Bardella et Le Pen réunis à Mâcon avant le 7 juillet

Cela fait plus de six semaines que Jordan Bardella et Marine Le Pen ne sont pas remontés sur la même estrade. Tous deux apparaîtront ce vendredi 1er mai sur la scène du Spot, la grande salle de 5 000 places de Mâcon, en Saône-et-Loire. Une apparition côte à côte qui sera probablement la dernière d'ici l'été et la date fatidique du 7 juillet, quand la cour d'appel de Paris scellera le sort de Marine Le Pen, qui risque cinq ans d'inéligibilité.

Un 1er mai stratégique pour le RN

Dans cet entre-deux en suspens, le 1er-Mai tombe à pic pour dissiper les doutes et remotiver les troupes d'un parti qui a théorisé la « campagne permanente » comme son meilleur moyen de conquérir enfin le pouvoir. Rien de mieux qu'un « grand meeting populaire » où l'on « célèbre le travail, le mérite, la solidarité et aussi Jeanne d'Arc », pour « faire le plein d'espérance dans la renaissance de la France », comme l'ont annoncé sur X la candidate « naturelle » du RN et son dauphin.

Une fête de la Nation réinventée

Voici donc posé l'enjeu de cette Fête de la Nation, présentée comme « traditionnelle » même si elle ne remplace que depuis quelques années seulement le défilé parisien institué il y a quatre décennies par le fondateur du parti à la flamme, Jean-Marie Le Pen. Signe des changements opérés par son héritière, le social a pris le pas sur l'identitaire et l'hommage à la Pucelle d'Orléans. Seule la nièce de Marine Le Pen, Marion Maréchal, perpétue le rite à Domrémy (Vosges), village natal de l'icône patriotique.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

À Mâcon, dans la matinée, environ 2 500 personnes ont manifesté pour marquer leur opposition au RN avant le meeting.

Le pouvoir d'achat au cœur des débats

Cette année encore, la question du travail va dominer les débats. Les boulangers et fleuristes artisanaux ont obtenu de pouvoir ouvrir le 1er-Mai, au terme d'un feuilleton politique à multiples rebondissements. « Une décision bienvenue », saluée par Jordan Bardella qui estime que « tous les salariés volontaires devraient pouvoir travailler ce jour », payé double.

Politiquement aussi, le sujet peut rapporter gros. D'abord parce qu'il permet de préempter un peu plus la thématique du pouvoir d'achat, que le RN occupe déjà depuis deux mois avec sa proposition de baisse des taxes sur les carburants, même si ses chefs divergent à propos de la taxation des « superprofits » pétroliers. Marine Le Pen y est favorable alors que Jordan Bardella, même s'il ne s'y est pas fermement opposé, s'est interrogé sur la nécessité « d'encore une fois inventer des taxes ».

Le parti peut ainsi se poser à la fois en défenseur des travailleurs et des entreprises, après que son duo de dirigeants s'est illustré dernièrement par sa fréquentation des élites patronales (dîner avec des magnats du CAC 40, déjeuner avec le Medef) et aristocratiques, le jeune président du parti ayant officialisé sa relation avec une princesse italienne.

Populiste et fier de l'être ?

De quoi écorner l'image d'un mouvement « populiste et fier de l'être », comme le clamait en mars Marine Le Pen ? « Je crois que les gens s'en foutent » et qu'ils « n'en tirent pas de conséquence politique », balaye une cadre mariniste. Au contraire, « nos électeurs sont très contents qu'on parle à tout le monde » assure un député, qui fait peu de cas du barrage jusqu'ici étanche érigé par les syndicats : « Cela finira par arriver, les salariés ne les ont pas attendus pour voter pour nous ».

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale