Municipales 2026 à Bagnols-sur-Cèze : un bilan municipal vivement contesté par les candidats
À quelques mois des élections municipales de 2026, la campagne s'intensifie à Bagnols-sur-Cèze où six candidats s'opposent au maire sortant Jean-Yves Chapelet. Tous portent un regard particulièrement critique sur son bilan, avec des accusations allant de la mauvaise gestion à la perte d'attractivité de la ville.
Des critiques ciblées sur l'urbanisme et la gestion
Pascale Bordes, candidate du Rassemblement National, ne trouve "rien de positif au crédit du maire", le qualifiant de "mauvais bâtisseur et mauvais gestionnaire". Elle pointe notamment l'état de l'îlot Carcaixent, "un trou depuis plusieurs années", et dénonce les logements "plus qu'insalubres" dans le quartier de l'arche. Même le projet de La Pyramide, pourtant souvent cité comme une réussite, est critiqué pour son manque de parking et les nuisances occasionnées aux riverains.
Philippe Broche, chef d'entreprise et candidat pour la première fois à une élection politique, s'interroge : "Peut-on parler de bilan ?". Pour lui, Jean-Yves Chapelet et son prédécesseur Jean-Christian Rey représentent "la même équipe depuis 2008" qui a mené "une multitude d'actions sans cohérence". Il déplore l'accumulation des retards et estime que "notre ville a perdu son âme".
Insécurité, santé et attractivité en question
La sécurité constitue un thème récurrent dans les critiques. Pascale Bordes en fait sa priorité, estimant que la création d'un centre de supervision urbain ne suffit pas et réclamant une police municipale active "24h sur 24, 7 jours sur 7". Philippe Broche propose quant à lui de faire de Bagnols une sous-préfecture pour améliorer la coordination sécuritaire.
Le désert médical est également pointé du doigt. "Dans de plus petites communes, il y a des maisons de santé pluridisciplinaire, pourquoi pas ici ?" s'indigne Pascale Bordes. Philippe Broche abonde dans ce sens, notant simplement : "Des médecins ? Il en manque".
L'attractivité de la ville préoccupe plusieurs candidats. Michel Cegielski, ancien adjoint à la culture et aux finances, déplore que Bagnols soit désormais connue "pour ses incivilités, pour le narcotrafic" plutôt que pour son festival de reggae. Jérôme Jackel regrette également "la décomposition de l'attractivité de Bagnols" et la disparition de ce festival emblématique.
Des projets urbains controversés
La rénovation urbaine fait l'objet de vives controverses. Si La Pyramide est généralement reconnue comme un point positif, même avec des réserves, d'autres projets sont sévèrement critiqués. L'îlot Carcaixent, dont les travaux traînent en longueur, est régulièrement mentionné comme un exemple des retards accumulés.
Jean-Marc Touron, candidat de Reconquête, se montre particulièrement virulent : "La rénovation urbaine, c'est une horreur totale. La Pyramide, c'est extrêmement laid, il fallait restaurer l'ancienne". Il qualifie la future passerelle au-dessus de la Cèze d'"aberrante" et la redevance incitative d'"erreur totale".
Christophe Prévost, commerçant du centre-ville et candidat pour la deuxième fois, craint que le projet de l'îlot Carcaixent ne sonne le glas définitif du centre-ville : "Derrière, le centre-ville est définitivement mort". Il pointe particulièrement la rue de la République où "de nombreux commerces sont fermés".
Un bilan globalement négatif
Malgré quelques nuances, le constat général des candidats reste sévère. Michel Cegielski reconnaît que "Jean-Yves Chapelet a été de bonne volonté, il a fait des choses", mais déplore "les erreurs répétées de communication" et les "décisions unilatérales" qui pourraient avoir "des impacts financiers catastrophiques".
Jérôme Jackel parle d'un "bilan mitigé" avec "un manque de cap", critiquant particulièrement "le manque de démocratie par rapport à l'opposition" et l'habitat indigne qui s'est accru.
Philippe Broche résume cruellement son jugement : "Pour le bilan du maire, sur un bulletin scolaire, on mettrait : travailleur mais avec peu de résultats". Jean-Marc Touron est encore plus catégorique, estimant que Jean-Yves Chapelet "a réussi à détruire" une ville qui était "dans le haut de gamme, où il faisait bon vivre" pour la transformer en "ville sinistrée".
Alors que la campagne municipale s'annonce particulièrement animée à Bagnols-sur-Cèze, ces critiques détaillées dessinent les contours des débats à venir et des attentes des électeurs pour les six années à venir.



