Gabriel Attal a choisi l'Aveyron pour lancer sa campagne présidentielle, mêlant symboles ruraux et stratégie de rupture avec Emmanuel Macron. Après une journée marathon de Mur-de-Barrez à Millau, il a conclu sa visite au viaduc de Millau, "symbole de la réussite française", entouré d'élus, d'entrepreneurs et d'acteurs culturels locaux.
Un ancrage rural pour se démarquer
Le choix de l'Aveyron, département rural où Renaissance ne compte que deux députés, interroge. Interrogé sur cette initiative, Gabriel Attal a souligné que l'Aveyron est "un département imprégné par l'agriculture, industriel, d'avenir, et qui a investi dans les énergies renouvelables". Son conseiller Patrick Vignal a ajouté qu'il s'agit de "déconstruire cette image de Macronie trop métropolitaine et pas assez ancrée dans le pays réel".
Un pari risqué pour un pur produit parisien
Ancien élève de l'École alsacienne, diplômé de Sciences Po, conseiller de Marisol Touraine avant de rejoindre Macron, Attal est conscient des critiques sur son manque d'ancrage local. "On ne s'invente pas un ancrage local, ça se construit", a-t-il reconnu. Sa stratégie s'inspire de Jacques Chirac en 1995, l'outsider corrézien, pour "déparisianiser la France". Après cinq mois à Matignon et la dissolution de 2024, il a pris le contrôle de Renaissance et multiplie les propositions clivantes pour marquer sa différence.
Le viaduc de Millau comme vitrine
Sur place, Attal a enchaîné les séquences médiatiques, partageant un aligot-saucisse sur le Carladez avant de poser devant le viaduc. "Ici, on rencontre des gens", a-t-il affirmé. Son directeur de campagne, Maxime Cordier, a conclu : "Ce qui se cristallise dans l'opinion, c'est la capacité des candidats à se mouiller, emporter le pays et créer une dynamique." Reste à savoir si cet ancrage rural convaincra les électeurs.



