L'Assemblée nationale a relancé, ce mardi, le débat sur la création d'une banque de la démocratie, un établissement public destiné à financer les campagnes électorales. Cette initiative, portée par plusieurs députés de la majorité et de l'opposition, vise à réduire l'influence de l'argent privé en politique et à garantir une égalité des chances entre les candidats. Le texte, qui sera examiné en commission dans les prochaines semaines, propose que cette banque accorde des prêts à taux zéro aux partis politiques et aux candidats, plafonnés à un certain montant par campagne.
Un financement transparent et équitable
Selon les auteurs de la proposition, la banque de la démocratie serait alimentée par une fraction de l'impôt sur les sociétés et par des dons anonymisés plafonnés. Elle serait gérée par un conseil d'administration indépendant, composé de magistrats, de parlementaires et de personnalités qualifiées. L'objectif est de permettre aux petits partis et aux candidats sans grands moyens de mener une campagne digne de ce nom, sans dépendre de sponsors privés.
Une réforme attendue depuis longtemps
L'idée d'une banque publique pour le financement des campagnes n'est pas nouvelle. Elle avait été évoquée lors de la précédente législature, sans aboutir. Mais le contexte de la présidentielle de 2027, marqué par une défiance croissante des citoyens envers le système politique, a relancé les discussions. Plusieurs associations anticorruption, comme Anticor, ont salué cette initiative, estimant qu'elle pourrait contribuer à assainir la vie politique.
Le débat s'annonce toutefois vif. Les opposants au projet, notamment au sein de la droite et de l'extrême droite, dénoncent une mainmise de l'État sur le financement des partis et un risque de politisation de la banque. Ils plaident plutôt pour un renforcement des règles de transparence et un abaissement du plafond des dons privés. La rapporteure du texte, une députée écologiste, a répondu que la banque serait strictement encadrée pour éviter tout conflit d'intérêts.
Si la proposition est adoptée, la banque de la démocratie pourrait voir le jour d'ici 2028, après une phase de test lors des élections municipales de 2026. Le gouvernement, par la voix du ministre de l'Intérieur, s'est dit ouvert à la discussion, mais a émis des réserves sur le coût du dispositif, estimé à plusieurs centaines de millions d'euros par an. Les discussions en commission devraient permettre d'affiner le modèle économique de la future institution.



