Anciens maires varois : le soulagement après le départ
Jean-Louis Masson, président du Département du Var, a tenu à décorer une trentaine de maires sortants qui ont choisi de ne pas briguer un nouveau mandat. Aucun d'entre eux ne semble regretter cette décision, beaucoup exprimant un profond soulagement.
« Libérée, délivrée... » : un refrain partagé
Au cinquième étage du Conseil départemental, l'ambiance était inhabituelle avec des ex-maires reprenant le refrain de La Reine des neiges. Ces élus, souvent âgés, comme Daniel Alsters de Sanary qui a arrêté à 80 ans, ont reçu la médaille du Département pour leur œuvre accomplie et leurs heures incalculables de service.
« La symbolique, ça a de la force », a souligné Jean-Louis Masson, tout en rappelant « le poids de la responsabilité » qui peut excuser certaines erreurs, car « personne n'est infaillible ».
Le fardeau du mandat chronophage
Jean-Louis Portal, ancien maire de Flassans-sur-Issole, décrit un mandat « chronophage, qui nous accapare à 200 % ». Aujourd'hui conseiller municipal, il confie : « Je dors beaucoup mieux. »
Jean-Louis Masson, qui a dû quitter La Garde à cause du non-cumul des mandats, abonde : « Être maire, c'est une passion, mais ça bouffe. C'est pire que la vie militaire. » Un autre participant ajoute : « Dans le privé, ce n'est pas forcément mieux. »
Retour à la vie normale et défis personnels
Nicolas Gérardin, ancien maire de Solliès-Ville, avait prévu de ne faire que six ans. Malgré un pincement au cœur lors de la succession, il apprécie maintenant « enfin du temps » pour son jardin et ses petits-enfants. Il rêve de naviguer seul en écoutant de la musique classique.
Mais il évoque aussi des nuits « particulièrement agitées », comme annoncer la mort d'un adolescent ou gérer un suicide. « On n'est pas préparé à ça », dit-il, ajoutant que les risques juridiques sont omniprésents : « À tout moment, on peut se retrouver à la prison de La Farlède. »
Administration schizophrénique et procédures judiciaires
Catherine Altare, ex-maire de Puget-Ville, critique une administration « schizophrénique » : « Quand ils essaient de simplifier une norme, ils en compliquent dix. » Elle doit faire face à la justice en mai pour des soupçons de prise illégale d'intérêts, déplorant qu'« une erreur administrative se transforme en faute pénale ».
Malgré cela, elle se félicite d'avoir transformé son village avec de nouvelles infrastructures.
Sérénité retrouvée et projets d'avenir
Daniel Alsters, ancien maire de Sanary, exprime sa « sérénité » et son soulagement de ne plus recevoir de lettres anonymes. « À voir l'état d'esprit de certains, la Gestapo a de beaux restes », lâche-t-il.
Il prévoit d'écrire une autobiographie pour ses enfants et un autre livre sur son engagement politique, révélant « ce à quoi on est confronté et ce que les gens ignorent ». Cela prouve qu'on ne décroche jamais vraiment de la politique.



