Ce jeudi, les députés s'apprêtent à voter l'abrogation du « Code noir » et de l'ensemble des textes ayant réglementé l'esclavage dans les colonies françaises, jamais formellement abrogés après 1848. Cette proposition de loi, portée par Max Mathiasin, député Liot de la Guadeloupe, est examinée dans le cadre de la niche parlementaire du groupe centriste Liot (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires).
Un soutien présidentiel
Emmanuel Macron a apporté son soutien à ce texte lors d'une célébration à l'Élysée, le 21 mai, marquant les 25 ans de la loi Taubira reconnaissant l'esclavage et la traite négrière comme crime contre l'humanité. Le chef de l'État a déclaré : « Le silence, voire l'indifférence, que nous maintenons depuis près de deux siècles à l'égard de ce Code noir n'est pas un oubli mais est devenu une forme d'offense. »
Qu'est-ce que le Code noir ?
Le Code noir, promulgué en 1685 par Louis XIV, régissait la vie des esclaves dans les colonies françaises. Il définissait leur statut juridique, leurs droits (très limités) et les punitions encourues. Bien que l'esclavage ait été aboli en 1848, le Code noir n'a jamais été officiellement abrogé, ce qui a créé une situation symboliquement problématique.
Une abrogation longtemps attendue
Pour Max Mathiasin, rapporteur du texte, cette abrogation est une nécessité morale et historique. « Il est temps de tourner la page et de reconnaître pleinement la dignité des victimes de l'esclavage », a-t-il affirmé. Le texte vise à abroger non seulement le Code noir, mais aussi tous les textes subséquents qui ont encadré l'esclavage dans les colonies.
Le vote de ce jeudi à l'Assemblée nationale est attendu comme un acte fort de repentance et de mémoire. Les députés de tous bords devraient se prononcer en faveur de cette abrogation, qui mettrait fin à une anomalie juridique vieille de près de deux siècles.



