Deux semaines après la candidature surprise de Gaëtan Malange et son élection à la tête du Pôle d’équilibre territorial et rural (PETR), Joël Hocquelet, le président de Val de Garonne Agglomération, a sanctionné son vice-président en ne lui accordant aucune délégation. La décision a été annoncée ce jeudi soir 21 mai en bureau des maires et confirmée le lendemain matin par Joël Hocquelet en conférence de presse.
Une rupture de confiance
« Gaëtan Malange m’a menti. Et quand on me ment, je considère que la loyauté est rompue, je n’ai plus confiance. C’est valable pour tout le monde », a déclaré Joël Hocquelet. Quatrième vice-président de VGA, Gaëtan Malange, maire de Saint-Barthélemy-d’Agenais, patron des Républicains en Lot-et-Garonne et adversaire du maire socialiste de Marmande pour la présidence de l’Agglo, n’aura donc pas la délégation aux politiques contractuelles. Délégation dont il avait la charge lors du mandat précédent et qui lui était promise pour celui-ci. Il n’aura pas non plus l’indemnité de vice-président qui va avec.
Les faits : une élection surprise
Outre l’Agglo marmandaise, le PETR rassemble les communautés de communes de Coteaux et Landes de Gascogne (Casteljaloux), Pays de Duras et Pays de Lauzun (Miramont). C’est à la fois un guichet pour collecter et distribuer aux communes des fonds de la Région et de l’Europe (environ 3 millions d’euros), mais aussi l’instance qui pilote le Schéma de cohérence territorial, entre autres. Son budget de plus de 1,2 million d’euros est financé à 68 % par VGA, qui fournit aussi l’ingénierie, les agents et les locaux. D’où la légitimité revendiquée de l’Agglo marmandaise de présider cette coopérative d’intercommunalités avec le délégué de son choix.
Le 5 mai, deux jours avant l’élection, Joël Hocquelet propose aux trois autres présidents des communautés de communes le nom du maire socialiste de Virazeil Christophe Courrègelongue. À plusieurs reprises lors de cette réunion, Bernadette Dreux, présidente du Pays de Duras, pousse la candidature de Gaëtan Malange.
Le lendemain, Joël Hocquelet s’entretient au téléphone avec le maire de Saint-Barthélemy. « Là, il m’assure qu’il ne se présentera pas », relate Joël Hocquelet. On connaît la suite : le 7 mai, Gaëtan Malange pose sa candidature et l’emporte avec 30 voix contre 23 pour Christophe Courrègelongue.
La version de Joël Hocquelet
« Il avait le droit de se présenter, c’est la démocratie. Mais il aurait dû me prévenir car VGA avait choisi un candidat. Nous en aurions parlé au sein du bureau, il ne l’a pas fait. Le vice-président a menti. C’est comme si un adjoint ment à son maire. Moi, je demande aux vice-présidents de l’Agglo de la loyauté et de la compétence. »
La version de Gaëtan Malange
Gaëtan Malange n’a pas du tout la même lecture de l’affaire. « Quand il m’a appelé la veille de l’élection, je ne savais pas si je serais candidat », affirme-t-il, concédant que « de nombreux élus » l’avaient sollicité pour qu’il se présente. « Au téléphone, Joël Hocquelet m’a dit que je n’avais pas intérêt à y aller. Mais il n’a pas voulu me dire qui serait candidat. J’ai découvert le nom de Christophe Courrègelongue comme tout le monde quelques heures plus tard dans “Sud Ouest” ». Candidature que Joël Hocquelet a confirmée à Gaëtan Malange dans la nuit par SMS.
« J’ai été piqué au vif. En tant que délégué aux politiques contractuelles, il était logique que je sois candidat si Joël Hocquelet n’y allait pas. Mais Christophe Courrègelongue qui est délégué à la voirie, ça n’a rien à voir, c’était nul comme choix, c’est juste un entre-soi socialiste », déplore le président des LR pour qui Joël Hocquelet a tout faux. « Sur le fond, le PETR reste présidé par VGA puisque je suis élu de l’Agglo. Sur la forme, j’ai été élu démocratiquement. Franchement, je ne pensais pas qu’il en arriverait là. Il m’a humilié devant le bureau des maires. C’est un très mauvais signal. Au lieu de donner des gages aux autres maires, il fracture l’Agglo et il s’isole. »
Quel avenir pour le PETR ?
L’avenir du PETR peut-il être compromis ? Joël Hocquelet laisse planer le doute : « Je ne remets pas en cause l’élection. Mais j’ai le droit d’en tirer les conséquences. On ne peut pas nous envoyer le message que VGA n’est plus le vaisseau amiral du PETR mais que, en revanche, on doit continuer de payer et de fournir des agents pour des orientations qui ne sont pas les nôtres. Moi, j’ai une mission, c’est l’intérêt de l’Agglomération et ses habitants. Est-il de rester dans le PETR tel quel ? À mon avis, non. Il y a une vie en dehors du PETR, d’ailleurs il n’y en a pas d’autre en Lot-et-Garonne », pointe Joël Hocquelet.



