Quelques jours après l’annonce, lundi 27 avril, d’une baisse de 89 % des subventions allouées à la fédération des ikastola Seaska, l’école immersive d’Urrugne fustige une décision contraire aux promesses de campagne. Sollicité, le maire Sébastien Etchebarne s’explique, et assure que les montants attribués ne sont pas figés.
Une réaction attendue
Alors que la majorité de Sébastien Etchebarne a annoncé, lundi 27 avril lors du dernier conseil municipal, une baisse importante des subventions aux associations et notamment celles attribuées à la fédération des ikastola Seaska (passant de 22 000 à 2 500 euros, soit une diminution de 89 %), l’école immersive en basque d’Urrugne a réagi, par le biais d’un communiqué de presse. Si la baisse annoncée durant la séance concerne l’enveloppe allouée à l’ensemble des associations (qui passe de 273 900 à 250 000 euros, soit une réduction de près de 9 % par rapport à 2025), l’ikastola goûte peu le fait que cette diminution générale se répercute à 73,5 % sur la subvention allouée à Seaska.
Pour elle, ces décisions contredisent les engagements en faveur de l’enfance ou de l’apprentissage de la langue basque formulés par Sébastien Etchebarne et son équipe durant la campagne. « On se dit que cette nouvelle majorité ne peut pas aussi vite se décrédibiliser et faire le contraire de ce qu’elle a annoncé. Et pourtant… », regrette l’école immersive, déplorant des « belles phrases » déjà transformées en « promesses non tenues ».
L’école rejette l’argument financier
L’établissement n’est pas plus convaincu par les arguments économiques exposés par l’équipe de Sébastien Etchebarne pendant la séance. Cette dernière avait répété plusieurs fois ne pas avoir le choix, mettant en avant des arbitrages inévitables à cause d’une situation financière « extrêmement contrainte ».
« Incohérence », répondent les représentants de l’ikastola qui fustigent l’augmentation, dans le même temps, des indemnités des élus de la majorité. « Comment accorder du crédit au discours ‘responsable’ porté par le maire et son équipe alors que ces derniers ne montrent pas l’exemple et ne s’appliquent pas cette austérité de rigueur ? Ce décalage entre les paroles et les actes nous laisse perplexe », commente la structure.
Sollicité par « Sud Ouest », Sébastien Etchebarne réfute la contradiction et indique que la hausse des indemnités « n’est due qu’à la majoration de 25 % prévue pour les communes classées stations touristiques (dont l’application n’est malgré tout pas obligatoire, NDLR) ». Il estime que cette hausse « n’est pas illégitime » dans la mesure où l’équipe précédente en avait déjà bénéficié. « Pourquoi on la remettrait en cause aujourd’hui ? C’est autorisé. D’ailleurs, toutes les communes l’ont mobilisée (Saint-Jean-de-Luz, Ciboure ou Hendaye ont en effet utilisé ce levier, NDLR). »
« Savoir où va l’argent »
Également interrogé sur la coupe importante dans les subventions allouées aux associations, le premier édile assure qu’elles ne sont pas encore figées et font toujours l’objet de discussions, notamment avec la fédération des ikastola. « On a voulu se laisser le temps », acquiesce-t-il, ajoutant que l’étude des subventions est « encore en réflexion », notamment quand leur montant est important ou que la commune manque d’informations pour savoir comment va être utilisée l’aide financière allouée.
« On préfère attendre de savoir où va l’argent. C’est pour ça qu’on s’est laissé une marge, jusqu’au montant total de 250 000 euros, pour rediscuter avec tout le monde et étudier tous les cas de figure. On nous demande des subventions, il est normal qu’elles soient justifiées parce que c’est de l’argent public donc on doit faire attention. »
Une réunion prévue avec Seaska
Dans le cas de Seaska, il estime qu’il était encore « nécessaire de clarifier certains points » avec la fédération pour savoir « quelle convention la relie à la commune ». Il indique aussi que les subventions concernaient, jusqu’alors, le financement de travaux d’extension réalisés sur l’ikastola d’Urrugne, en 2011. « La commune ayant honoré sa contribution aux travaux depuis l’an dernier, il était donc tout naturel de procéder à une régularisation cette année. »
Le maire assure enfin n’avoir pas voulu faire de différence entre les différentes associations culturelles en faveur de la langue basque, auxquelles a été octroyée une aide de 2 500 euros chacune. « On n’est absolument pas anti-euskara. On ne veut juste pas faire de différences entre les associations. Et ce, peu importe leur secteur, qu’elles soient culturelles, sociales ou sportives », affirme-t-il, tout en estimant que « c’est peut-être à la CAPB de reprendre la main » sur le sujet des subventions, « dans la mesure où les communes ont des arbitrages importants à faire ». Sollicitée, Seaska n’a, de son côté, pas souhaité s’exprimer « avant d’avoir tous les éléments de réponse ». Lesquels devraient être apportés lors d’une rencontre avec le maire d’Urrugne, prévue en début de semaine prochaine.



