Étudier à l'étranger : un accélérateur de carrière selon un dirigeant d'IHCL
Étudier à l'étranger : un accélérateur de carrière

Partir à l'étranger pour parachever son cursus scolaire ou améliorer son CV apparaît aujourd'hui comme le plus sûr des accélérateurs de vie et de carrière. Les grandes écoles françaises, confrontées à une baisse de la démographie étudiante et des financements publics, multiplient les campus hors de l'Hexagone pour recruter de nouveaux étudiants. Toutes partagent le même constat, mais développent des stratégies différentes, persuadées que les classements les plus prestigieux sont désormais mondiaux. Cette course à l'exportation d'une éducation nationale reconnue n'est pas sans obstacles dans un contexte géopolitique tendu où la politique des visas devient une arme. Les implantations ne s'improvisent pas et restent coûteuses dans un marché très concurrentiel. Les élèves, eux, rêvent d'horizons lointains et parfois exotiques, comme le souligne le baromètre exclusif réalisé par nos partenaires de L'Express Connect. Ils ont pris le temps de méditer Lamartine : 'Il n'y a d'homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie.'

Un parcours hors des sentiers battus

L'homme qui occupe aujourd'hui les plus hautes fonctions dans le secteur hôtelier international haut de gamme n'a pas suivi un chemin tout tracé pour se hisser au sommet, mais 'plutôt la route la moins empruntée', raconte-t-il. 'Après le lycée, j'ai choisi de me former à la gestion hôtelière à l'université de Delhi, à une époque où ce secteur n'était pas perçu comme une voie conventionnelle en Inde, car j'étais attiré par sa dimension humaine.' À l'âge de 25 ans, Puneet Chhatwal prend un nouveau risque en décidant de faire le grand saut : rejoindre Paris, où il intègre le programme IMHI de l'ESSEC, créé dix ans plus tôt en partenariat avec la Cornell University's School of Hotel Administration de New York, dont il sort diplômé en 1991. 'Quitter mon pays, sortir de ma zone de confort en rejoignant l'Europe a été une étape décisive. J'y ai découvert une diversité de marchés, de cultures et de modèles économiques insoupçonnés.' Suivent alors plus de trente ans d'expérience dans de grandes enseignes américaines ou européennes, notamment au sein du groupe Rezidor et de Steigenberger Hotels AG, qui le mèneront à la tête de Indian Hotels Company (IHCL), poste qu'il occupe depuis 2017.

Transformé par son cursus en France

Quand on lui demande ce que lui a apporté sa formation au sein d'une grande école, Puneet Chhatwal le dit sans ambages : le cursus l'a complètement transformé. 'Jusque-là, ma compréhension de l'hôtellerie était centrée sur la prestation de services. À l'ESSEC, j'ai commencé à en percevoir les enjeux stratégiques et financiers, la dynamique de marché. Des concepts tels que l'optimisation des revenus, les structures de coûts et le retour sur investissement m'ont apporté un regard neuf. Il ne s'agissait plus seulement de bien servir un client, mais de bâtir une entreprise durable et évolutive. Ici, j'ai appris que l'instinct ne suffisait pas ; la discipline, les chiffres et la stratégie comptent tout autant.' Ce sont d'ailleurs ces bases solidement acquises par le jeune Indien au début des années 1990 qui continuent de le guider aujourd'hui à la tête d'ICHL, qui regroupe plus de 500 établissements à travers le monde. Sous sa direction, l'entreprise affiche depuis presque neuf ans une croissance ininterrompue. En prendre la barre lui a aussi permis de mettre sa longue expérience à l'international au service d'une marque indienne. Un retour aux origines que Puneet a reçu comme un cadeau du ciel, un aboutissement royal après des décennies passées loin de sa terre natale.

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Se former ailleurs, une découverte de soi

Justement, quels conseils donnerait-il à un étudiant désireux de s'expatrier ? 'Se former ailleurs, c'est aussi une découverte de soi. On ne doit pas partir pour un chemin attendu, mais pour vivre quelque chose qui s'aligne avec ses aspirations et ses objectifs à long terme. L'expérience peut changer une vie à condition d'être prêt à s'y plonger totalement.' Pour le président d'honneur de l'association des alumni Essec en Inde, l'autre point crucial est l'acceptation de l'inconfort qui va de pair avec cette immersion. 'Tout change : la culture, la langue, la nourriture, la façon de penser. S'y adapter est le processus par lequel on grandit. La résilience fait partie des compétences les plus précieuses que vous acquerrez.' Il l'affirme d'ailleurs haut et fort : 'Les études à l'étranger se déroulent autant dans l'amphithéâtre qu'en dehors, à travers les personnes que l'on rencontre. Ces connexions deviennent souvent des atouts pour la vie entière.' Avant de rappeler, en guise de conclusion, que l'éducation reste un point de départ : 'Le véritable apprentissage commence lorsqu'on met ces enseignements en pratique dans le monde réel, d'où la nécessité, une fois son diplôme en poche, de rester curieux, de continuer à apprendre sans cesse.'