Le business florissant de la télésurveillance après les cambriolages
Télésurveillance : le business florissant après les cambriolages

À l'approche de l'été, le business de la sécurité privée connaît un essor notable. Selon une enquête du Monde publiée le 6 juillet 2026, des commerciaux se rendent dès le lendemain d'un cambriolage chez les voisins des victimes pour leur proposer des systèmes de télésurveillance. Cette pratique, bien que légale, suscite des interrogations sur les méthodes employées.

Des démarchages ciblés après les effractions

Les entreprises de sécurité utilisent les informations publiques sur les cambriolages pour cibler les habitations situées à proximité. En 2025, la France a enregistré plus de 250 000 cambriolages, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Les commerciaux profitent de la peur des habitants pour vendre des contrats d'alarme et de vidéosurveillance, avec des tarifs pouvant atteindre plusieurs centaines d'euros par an.

Interrogé par Le Monde, un commercial d'une grande enseigne de sécurité explique : "On sait que les gens sont vulnérables après un cambriolage dans le quartier. On leur propose une solution clé en main, avec installation rapide." Cette stratégie s'avère payante : le taux de conversion est élevé, selon plusieurs témoignages.

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Un marché en pleine expansion

Le marché de la télésurveillance résidentielle est en croissance constante. En 2025, il représentait 1,2 milliard d'euros de chiffre d'affaires en France, en hausse de 8 % par rapport à l'année précédente. Les périodes estivales sont particulièrement propices, car les départs en vacances augmentent le risque de cambriolage et donc la demande.

Les entreprises de sécurité investissent massivement dans le démarchage. Certaines emploient des équipes spécialisées qui surveillent les faits divers locaux et les annonces de cambriolages sur les réseaux sociaux ou dans la presse. "Dès qu'on apprend un cambriolage, on envoie un commercial dans la rue concernée", confie un responsable d'une société de sécurité, sous couvert d'anonymat.

Des pratiques critiquées par les associations de consommateurs

Les associations de défense des consommateurs dénoncent des méthodes agressives et parfois trompeuses. "Certains commerciaux se présentent comme mandatés par la mairie ou la police, ce qui est faux", alerte une porte-parole de l'UFC-Que Choisir. "Ils jouent sur la peur et l'urgence pour faire signer des contrats sans laisser le temps de réfléchir."

Le code de la consommation interdit les pratiques commerciales trompeuses, mais le démarchage à domicile reste autorisé, sauf si le consommateur s'est inscrit sur la liste d'opposition. Les autorités recommandent de ne pas signer sous pression et de comparer les offres.

L'été, saison à risque pour les cambriolages

Selon les statistiques, les cambriolages augmentent de 20 % pendant les mois de juillet et août. Les maisons isolées et les résidences secondaires sont les plus visées. Les assureurs constatent une hausse des sinistres et incitent leurs clients à renforcer leur sécurité. Certains proposent même des réductions sur les primes pour les équipements de télésurveillance.

Face à cette situation, les pouvoirs publics multiplient les campagnes de prévention. La gendarmerie nationale rappelle les gestes simples : fermer les portes et fenêtres, ne pas laisser de signes d'absence, et signaler tout comportement suspect. Mais pour de nombreux Français, l'alarme reste la solution la plus rassurante.

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