Chez Stellantis, le patron Antonio Filosa boude l'Europe, berceau historique
Stellantis : Filosa boude l'Europe

Antonio Filosa, le nouveau directeur général de Stellantis, semble tourner le dos à l'Europe, berceau historique du constructeur automobile. Depuis sa prise de fonction, il multiplie les voyages et les annonces en Amérique du Nord et en Asie, laissant de côté le Vieux Continent. Cette stratégie inquiète les syndicats et les salariés européens, qui redoutent des fermetures d'usines et des plans sociaux.

Un désengagement progressif de l'Europe

Selon des sources internes, Filosa aurait déjà réduit les investissements prévus pour les sites européens, notamment en France et en Italie. Les usines de Rennes, de Sochaux et de Turin seraient les premières touchées. En parallèle, il a annoncé de nouveaux projets aux États-Unis et en Chine, avec la création de deux usines supplémentaires.

Les syndicats dénoncent une trahison des valeurs historiques du groupe. « Stellantis est né de la fusion de PSA et de Fiat Chrysler, deux géants européens. Aujourd'hui, on sacrifie l'Europe sur l'autel de la rentabilité », s'indigne un représentant de la CGT. De son côté, la direction justifie ce choix par la nécessité de s'adapter à un marché mondial en pleine mutation.

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Des conséquences sociales redoutées

Les salariés européens craignent pour leur emploi. « On nous promet des reclassements, mais dans les faits, les départs volontaires se multiplient », témoigne un ouvrier de l'usine de Rennes. Selon les syndicats, plus de 5 000 postes pourraient être supprimés en Europe d'ici 2027.

Les gouvernements français et italien ont exprimé leur préoccupation. Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, a appelé Stellantis à respecter ses engagements en matière d'emploi. « L'Europe reste un marché clé pour l'automobile, et nous attendons du groupe qu'il maintienne ses activités sur notre territoire », a-t-il déclaré.

Une stratégie risquée ?

Pour certains analystes, ce désengagement pourrait se révéler dangereux. « Stellantis prend le risque de perdre sa base historique et de fragiliser sa marque en Europe », estime un expert du secteur. En outre, la concurrence chinoise s'intensifie, et l'Europe pourrait devenir un champ de bataille commercial où Stellantis serait en position de faiblesse.

Antonio Filosa, lui, reste confiant. « Nous devons être là où la croissance est la plus forte. L'Europe est mature, mais les marchés émergents offrent des opportunités exceptionnelles », a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse. Une vision qui ne convainc pas tout le monde.

Des syndicats prêts à se mobiliser

Face à cette situation, les syndicats européens appellent à une journée de grève le 15 juin prochain. Ils demandent une table ronde avec la direction pour discuter de l'avenir du groupe en Europe. « Nous ne laisserons pas Stellantis abandonner ses racines. Nous sommes prêts à nous battre pour nos emplois et notre industrie », prévient un leader syndical.

Le gouvernement français suit le dossier de près. Une réunion est prévue la semaine prochaine entre le ministre de l'Industrie et les représentants de Stellantis. L'objectif : obtenir des garanties sur le maintien des sites de production en France.

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