Sauve ton bar : un collectif bordelais pour protéger les bars menacés
Sauve ton bar : collectif bordelais pour bars menacés

L'idée de protéger les bars « menacés » a germé dans la tête du patron des Copains d'abord. Depuis mars 2026, le collectif Sauve ton bar grossit. La situation des établissements festifs est cependant très hétérogène.

Un collectif né d'un cri d'alarme

Eli, la responsable du bar Les Copains d'abord, ne ménage pas ses efforts pour alimenter les publications sur Internet du collectif bordelais Sauve ton bar, lancé le 20 mars. La jeune fille tourne des vidéos d'interviews de patrons de bar expliquant la raison d'être de leur établissement et les difficultés auxquelles ils sont confrontés. L'objectif est « de se faire entendre ». Dernièrement, le Central do Brasil, bar restaurant installé à Sainte-Croix depuis vingt-cinq ans, a lancé un appel à l'aide via ce collectif. En grande difficulté financière, le lieu festif a besoin de collecter 12 000 euros avant ce mois de juillet 2026. Dans une autre vidéo, Nordine Raymond, qui fut candidat LFI à la mairie de Bordeaux, vient apporter son soutien « au hashtag Sauvetonbar ».

Des difficultés multiples

« Le mouvement grandit, constate Bernard Labaye, gérant depuis dix ans des Copains d'abord à Saint-Michel. Nous représentons une trentaine de bars. En discutant autour de moi, face aux difficultés qu'ils rencontrent, je me suis dit : ''Est-ce qu'on ne pourrait pas faire un hashtag ?'' Car on devient aigri, on finit par pester sur tout. Là, l'idée c'est de nouer un dialogue avec la mairie, de sauver la vie culturelle à Bordeaux… C'est un cri d'alarme. » Le commerçant pointe de nombreuses difficultés : les sanctions des autorités et les plaintes abusives de voisins, les prix des matières (bières, frites, etc.) qui augmentent alors que les dépenses des clients baissent. « Quand mon bar est plein, je fais aujourd'hui deux fois moins de chiffre qu'il y a quatre ans », assure-t-il.

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Une situation hétérogène

Cette vision n'est pas partagée par tous. À Saint-Michel, un gérant de bar confie : « Je n'ai rien contre Sauve ton bar mais le discours ne me convient pas, je ne le trouve pas représentatif. » Dans le milieu, les situations sont en effet très variées. À Saint-Michel, les emblématiques bars Quartier libre et Chez ta mère, notamment, ont coup sur coup mis la clé sous la porte, faute d'avoir pu redresser leurs finances. Ils ont été repris et renommés (Pulp, Bar Sauvageau) et ces établissements ont renouvelé le public des lieux. De même sur les quais de la Monnaie, les bars se sont multipliés, avec une valse des enseignes.

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