Le groupe américain Saks, propriétaire des célèbres grands magasins de luxe Saks Fifth Avenue, a obtenu un plan de sauvetage extraordinaire approuvé par un juge des faillites. Cette décision permet au groupe d'éviter une liquidation pure et simple, offrant une seconde chance à l'emblématique enseigne new-yorkaise.
Un endettement colossal
Saks, qui compte parmi les fleurons du commerce de détail de luxe aux États-Unis, croulait sous une dette de près de 5 milliards de dollars. La pandémie de Covid-19, la concurrence féroce du e-commerce et la baisse de fréquentation des centres-villes ont précipité sa chute. Malgré des tentatives de restructuration, le groupe n'a pas réussi à redresser la barre, le contraignant à se placer sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites.
Les détails du plan de sauvetage
Le plan approuvé par le tribunal prévoit une injection de capitaux frais de 1,5 milliard de dollars de la part d'un consortium d'investisseurs, dont des fonds spécialisés dans la restructuration. En contrepartie, les créanciers obtiendront une participation majoritaire dans le capital du groupe. Les actionnaires actuels, eux, seront dilués et ne conserveront qu'une infime partie de l'entreprise.
Par ailleurs, le plan inclut la fermeture d'une trentaine de magasins les moins rentables, sur les 130 que compte l'enseigne. Environ 2 500 emplois seront supprimés, mais la majorité des postes seront préservés. Les fournisseurs, eux, seront remboursés à hauteur de 80% de leurs créances, un taux jugé exceptionnel dans ce type de procédure.
Une bouffée d'oxygène pour le commerce de luxe
Cette décision est accueillie avec soulagement par le secteur du commerce de luxe, qui redoutait une disparition pure et simple de l'enseigne. Saks Fifth Avenue est en effet une institution, notamment pour sa vitrine mythique de la Cinquième Avenue à New York. Le plan de sauvetage prévoit d'ailleurs un investissement important dans ce magasin phare, avec une rénovation complète prévue sur trois ans.
Les experts estiment que ce sauvetage pourrait servir de modèle pour d'autres enseignes en difficulté. Il démontre que même dans un environnement difficile, il est possible de trouver des investisseurs prêts à miser sur le luxe et le commerce physique, à condition de proposer un projet crédible.
Les défis à venir
Malgré ce plan de sauvetage, Saks n'est pas tiré d'affaire. Le groupe devra réussir sa transformation numérique pour concurrencer des géants comme Amazon ou Farfetch. Il devra également reconquérir une clientèle qui s'est tournée vers les marques en ligne ou les magasins discount. La direction a annoncé un plan d'économies drastiques et une refonte de l'offre, avec un accent mis sur les exclusivités et le service personnalisé.
Le juge, en approuvant le plan, a salué les efforts des parties prenantes pour parvenir à un accord. Il a estimé que ce plan était dans l'intérêt des créanciers, des employés et de l'économie locale. La procédure de faillite devrait être définitivement close dans les prochains mois, laissant place à une nouvelle ère pour Saks.



