Antibes : quatre amis bâtissent un empire de la restauration en dix ans
Voilà neuf ans que quatre amis ont fait le pari audacieux de se lancer dans la restauration au cœur du Vieil Antibes. Aujourd'hui, ils possèdent cinq établissements dont le Nacional Trattoria depuis le mois de mars. Voici l'histoire d'un succès entrepreneurial remarquable.
Un départ sur un coup de tête
« Notre grande force, à l'époque, c'était notre insouciance », confie Christophe Brahy. Avec Adrien Roustand, Yann Elbaz et Bertrand Collart, ils s'observent avec un regard complice dans le hall de leur toute nouvelle acquisition. Assise dans ce restaurant situé sur la place Nationale à Antibes, la petite bande d'amis est aussi devenue une équipe d'associés déterminés.
Qui aurait pu croire que, sur un simple « coup de tête » en 2017, ils allaient compter parmi les principaux restaurateurs du centre-ville ? « Nous avions tous notre propre métier en parallèle. Un jour, on s'est levés un matin et on s'est dit, tête baissée : “On va acheter un bar” », raconte Yann, chirurgien-dentiste de profession.
Ils ont créé leur première affaire en rachetant le Pablo, qui était alors un peu le « bar des copains ». Ce concept a bien évolué aujourd'hui : l'entreprise prend de l'ampleur. « Il a fallu structurer tout ça et prendre les choses un peu plus au sérieux qu'à nos débuts », ajoute-t-il.
Une expansion méthodique
Avec leur premier bar sous le coude, ils jettent peu à peu leur dévolu sur la Casa Sapori en 2019 – mise en gérance –, puis sur le 32 Pizza & Bar la même année, qu'ils agrandiront en 2023, sur le Café Milo en 2020 et, désormais, sur le Nacional Trattoria. « Nous sommes devenus des acteurs économiques très présents dans le centre-ville », reconnaît Christophe, pas peu fier.
De quelques employés au départ, ils en gèrent aujourd'hui jusqu'à soixante-dix en pleine saison. Pas question, pour autant, de se la jouer hommes d'affaires prétentieux. « La règle, c'est quand même d'avoir un esprit de rigolade tout en restant concentrés », rappelle Yann, ancien agent immobilier.
Et un de ses voisins d'abonder : « Le management est familial. On se répartit les tâches : l'un s'occupe des plannings, un autre des contrats, un autre du recrutement… À quatre, on ne fait qu'un. »
Surmonter les obstacles
La crise du Covid leur a certes jeté un froid il y a six ans, mais le quatuor n'a jamais lâché, finalisant le rachat du Milo malgré l'incertitude : « Jusqu'à maintenant, cette période a été notre principal obstacle. On a dû fermer du jour au lendemain, comme tout le monde, sans savoir de quoi demain serait fait. »
De l'eau a coulé sous les ponts depuis. Et les compères savent maintenant exactement où ils vont. « À chaque fois, on se dit que c'est la dernière acquisition, mais, au final, ça fait bientôt dix ans que ça dure et on continue de s'agrandir », s'amuse Christophe.
Qui justifie cette soif : « Reprendre un petit restaurant de 50 couverts nous prendrait trop de temps pour ce que ça rapporte. Nous voulons de grandes affaires avec beaucoup de salariés. »
Une stratégie d'implantation réfléchie
Ces Antibois de souche ont l'œil pour dénicher l'emplacement idéal, sur les axes stratégiques tout en étant bien visibles des passants, sans jamais quitter le cœur névralgique de leur ville. « Tout est une question d'opportunité », s'accorde le groupe, porté par une fraîcheur bienvenue.
« De plus en plus de jeunes locaux investissent et reprennent des restaurants vieillissants, créant une excellente dynamique. Le fait que ce soient des habitants d'ici, et non des investisseurs extérieurs, qui rachètent ces affaires, donne encore plus de valeur à la ville. »
Le soutien municipal
Cette belle histoire, qui a abouti à la création de la holding Pyca, devrait aussi son succès à la municipalité. « Beaucoup d'argent est investi dans les travaux pour faire de jolies affaires qui donnent du cachet à la ville », fait savoir la fine équipe.
« À ce titre, la mairie a joué un rôle primordial en comprenant que les gens en vacances ne veulent pas s'enfermer à l'intérieur, ce qui a permis de développer nos terrasses. » Avec l'été qui vient plus tôt que prévu cette année, l'idée est particulièrement judicieuse.
Leur parcours démontre qu'avec une vision claire, un management humain et une implantation stratégique, il est possible de bâtir un empire de la restauration même en partant d'un simple coup de tête entre amis.



