Le projet du Parti socialiste : un retour aux vieilles recettes économiques
PS : un projet économique rétrograde et anticapitaliste

En cette période géopolitique hautement anxiogène, un grand merci au Parti socialiste de nous avoir offert, avec son « projet, base transmise aux fédérations et aux militant-es », un moment de détente inespéré et surtout une occasion de franche rigolade. Tant l’empilement de banalités et l’entassement de formules niaises et grandiloquentes réussissent, in fine, à produire un effet comique aussi involontaire que remarquable.

Qu’on en juge : « Le temps est une richesse et il est politique ! » ; « L’écologie sera populaire ou ne sera pas » ; « Dans une France socialiste, la technologie n’asservit pas, elle libère » ; « Permettre à chacun de bien vivre au travail et de son travail » ; « Créer un véritable service public du beau et du calme dans chaque territoire. » Voilà déjà, avec ces quelques perles, de quoi se faire un joli collier.

Les prédateurs malfaisants du secteur privé

Sur le plan économique, le projet du PS ne prête en revanche pas du tout à rire, qui témoigne de sa radicalisation idéologique. L’anticapitalisme, l’antilibéralisme, la haine des patrons, des riches, des multinationales, de la mondialisation et du libre-échange suintent tellement qu’on a davantage l’impression de lire un long tract d’Attac que le programme d’un parti censé être de gouvernement et qui a compté dans ses rangs Michel Rocard, Jacques Delors ou Pierre Bérégovoy.

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En comparaison des diatribes enflammées qu’il contient contre « le règne du tout marché » et « l’oligarchie économique et financière mondiale », le fameux slogan électoral de François Hollande « La finance est mon ennemi » paraît a posteriori bien inoffensif.

Concrètement, le projet du PS prétend redonner du pouvoir d’achat aux Français grâce à une hausse généralisée des salaires, avec un smic mensuel porté à 1 690 euros net. Qu’importent la compétitivité des entreprises et la productivité du travail, visiblement considérées comme des gros mots.

Pour faire face aux prédateurs malfaisants du secteur privé, il est, selon le PS, urgent pour l’État de reprendre la main dans tous les domaines. Sur « le progrès technique » en général et sur l’intelligence artificielle en particulier – qui ne « doit pas enrichir une oligarchie, mais être planifiée démocratiquement pour servir le bien commun ». Les socialistes français se disent d’avant-garde mais ils ont une peur viscérale de la modernité.

Soviétisation de l’économie

Retour de la planification étatique mais aussi des nationalisations, qui seraient « vertes » pour les autoroutes à travers la création d’un établissement public national dénommé « Routes de France ». Charles Trenet en aurait sûrement fait une chanson. Sans oublier des « prises de contrôle publiques de secteurs stratégiques (eau, énergie, transports) » dont « la gouvernance ne peut pas être abandonnée à des acteurs dont la rationalité est dissociée de l’intérêt général ».

De façon encore plus inquiétante que cette soviétisation de l’économie, l’idée d’augmenter la quantité de travail en faisant notamment progresser le taux d’emploi des seniors, bien plus faible en France que chez nos voisins, est totalement absente du projet du PS. Non seulement il n’est évidemment pas question de repousser l’âge de départ à la retraite mais « le temps libre » cher à François Mitterrand se trouve remis à l’honneur car « l’aspiration au temps libéré n’a jamais été aussi forte ».

Assommoir pour les fortunés

En matière de fiscalité, c’est une autre grande figure socialiste, Zola, qui est de retour dans le projet du PS, sous forme d’assommoir pour les plus fortunés à travers la mise en place d’une taxe Zucman à hauteur de 2 % sur les patrimoines au-delà de 100 millions d’euros, et d’un « impôt sur les grandes successions » supérieures à 200 000 euros.

Sans excès d’humilité, le PS entend, avec son projet, construire « le nouveau socialisme du XXIe siècle ». À lire les vieilles recettes économiques qu’il propose, ce gloubi-boulga de malthusianisme, de keynésianisme et de marxisme, c’est un socialisme archaïque et désuet qu’il garantit au contraire de restaurer.

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