Menton : hausse des indemnités des élus, les habitants réagissent
Menton : hausse des indemnités des élus, les habitants réagissent

Lors du vote du budget primitif 2026, la majorité Rassemblement national menée par Alexandra Masson a choisi d'augmenter sensiblement les dépenses liées aux indemnités des élus ainsi qu'aux frais de représentation du maire, malgré « une situation financière préoccupante ». Dans le détail, les indemnités passent de 280 000 à 415 500 euros, soit une hausse de 48 % par rapport à l'an dernier, tandis que les frais de représentation, jusqu'alors inexistants, sont fixés à 15 000 euros. Un montant quasi équivalent à celui de l'ancienne maire de Paris, Anne Hidalgo, qui bénéficiait de plus de 19 000 euros par an, a notamment pointé Louis Sarkozy, dans les rangs de l'opposition.

« L'élu doit être valorisé »

Critiquée par ses opposants qui lui demandent plus d'exemplarité, Alexandra Masson a défendu sa position : « L'élu doit être valorisé […] Ceux qui s'investissent fortement doivent être indemnisés à la hauteur de leurs contraintes. » Son premier adjoint, Jean-Christophe Storaï, a abondé, rappelant que la loi le permettait et que les élus « ne bénéficient d'aucun autre avantage pour l'exercice de leur mission ». « Tout travail mérite une indemnité. En démocratie, il est regrettable de stigmatiser les élus de la République pour le travail qu'ils assument, alors même que beaucoup exercent, en parallèle, une activité professionnelle en plus de leur mandat. »

Les Mentonnais sont-ils d'accord avec ça ?

Dans la rue, la majorité des habitants interviewés avouent ne pas être au courant, malgré la retransmission en direct du conseil et les articles de presse consacrés au sujet. « Sincèrement, je n'en avais pas connaissance. Mais cela ne m'étonne pas que ce soit passé inaperçu : ce n'est sûrement pas le genre de sujet qui fait l'objet d'un post Facebook de la mairie », glisse avec ironie Joséphine, une retraitée qui promenait son chien avenue Félix-Faure. Même surprise du côté d'Armand, retraité rencontré sur la promenade des Sablettes : « Je découvre cette décision du maire. Certes, cela a dû être évoqué en conseil municipal, mais je pense que la majorité de la population ne suit pas ces débats ».

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« Je suis très perplexe »

Parmi ceux qui suivent l'actualité, certains ont déchanté. « Je suis totalement opposée à l'augmentation des indemnités des élus. Être maire, adjoint ou conseiller municipal devrait être une mission, pas un métier à plein temps. Alexandra Masson s'était présentée comme un renouveau, avec de la rigueur et du sérieux. Voir que l'une de ses premières mesures est d'augmenter les indemnités me laisse très perplexe », estime Noemi, jeune mère de famille. « Pendant la campagne, elle s'était opposée à la titularisation de nombreux agents municipaux, au motif que la masse salariale était déjà trop importante. Aujourd'hui, quasiment doubler les indemnités des élus, pour les mêmes raisons, me semble incohérent », ajoute David, étudiant mentonnais. Même tonalité chez Marie, engagée dans le tissu associatif local : « Doubler pratiquement les indemnités n'est pas la meilleure façon de commencer un mandat. Ces près de 200 000 euros supplémentaires auraient pu être utiles aux nombreuses associations de la ville. Et les 15 000 euros de frais de représentation ? N'auraient-ils pas pu être consacrés à ceux qui en ont vraiment besoin ? »

« Il n'y a pas moyen de baisser les taxes, mais ça ne concerne pas les élus »

La mesure passe d'autant plus mal qu'elle s'inscrit dans un contexte économique tendu. « Ces dernières semaines, le prix du carburant a fortement augmenté et le gouvernement explique qu'il n'y a pas les moyens de baisser les taxes. Mais visiblement, cela ne concerne pas les élus », s'agace Damien, travailleur indépendant. Le sujet dépasse d'ailleurs le cadre local. Mario, retraité italien installé à Menton depuis une dizaine d'années, relativise avec humour : « Je veux rassurer les Mentonnais : en Italie, c'est pareil. Les politiques s'opposent sur tout, mais quand il s'agit d'augmenter leurs indemnités, il n'y a plus de différence ».

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