Outre le secteur de la boulangerie, Mehdi Herz, le faux acheteur de Baillardran, a aussi repris un restaurant près de Bordeaux, à Pessac, qui demeure fermé. Propriétaires et anciens gérants envisagent de nouvelles procédures contre le boulanger des Yvelines pour récupérer leur établissement.
De nouvelles procédures judiciaires en vue
Chaque semaine, la perspective de nouvelles procédures judiciaires auprès des tribunaux de Bordeaux se fait jour à l’encontre de Mehdi Herz. On apprend que le boulanger des Yvelines, à l’appétit entrepreneurial insatiable, s’est aussi lancé dans la restauration dès juillet 2025, avant même ses premières acquisitions de pâtisseries à Villenave-d’Ornon, puis à Bordeaux avec Be my Cookie. Cette dernière a depuis été annulée par le tribunal de commerce.
À Pessac, avenue Nancel-Penard, entre juillet 2025 et février 2026, le trentenaire s’est porté acquéreur de l’exploitation et des murs de l’Atelier 115, via sa holding Les Enfants gâtés, renommée depuis Groupe Herz France. Dix mois plus tard, l’établissement, qui a connu une certaine renommée, demeure fermé sans qu’aucuns travaux ne s’y déroulent.
20 000 euros d’acompte impayés
Une fois encore, c’est sur un établissement en perte d’activité que Mehdi Herz a jeté son dévolu. Kévin Meiar en convient, trois ans après avoir pris la succession du chef fondateur, Benjamin Bonnay, « c’était devenu économiquement difficile. On voulait donc céder le fonds de commerce ». Ce seront finalement les parts sociales de la société Nancel 115, détentrice du fonds de commerce, qui passeront dans les mains de Mehdi Herz, moyennant un crédit vendeur.
Dans ce financement, basé sur une relation de confiance, la question du remboursement n’est pas encore à l’ordre du jour, puisque l’échéance est en septembre. Problème, parmi les clauses contractuelles non respectées : « Aujourd’hui encore, nous restons caution d’un prêt où il y a des problèmes de remboursements », s’inquiète Kévin Meiar. Mehdi Herz n’ayant pas engagé les démarches auprès des banques.
« M. Herz avait jusqu’au 20 mars pour régler un acompte de 20 000 euros. On n’a jamais été payés », s’agace Benjamin Bonnay. L’engagement financier n’a pas non plus été respecté s’agissant de l’acquisition des murs du restaurant, pour lesquels le boulanger s’est porté acquéreur en février dernier. Cette fois, c’est avec Benjamin Bonnet et son associé Nicolas Guichemerre qu’un compromis de vente est signé, via une procuration à son avocat. Un mois après un premier rendez-vous manqué chez le notaire, et un nouvel acte dans lequel « Mehdi Herz pose de nouvelles conditions de financement, alors qu’on avait convenu qu’il n’y aurait pas de clauses suspensives », rapportent les propriétaires.
De quoi rendre caduc le document, veulent croire les associés qui n’ont « eu aucune nouvelle depuis ». Reste pour Nicolas Guichemerre qu’à « cause de lui, on a perdu la possibilité de vendre à d’autres. Car à chaque fois que l’on voulait faire visiter le local, il faisait barrage ». Avec l’inquiétude désormais pour les deux associés qu’ « on ne sait pas dans quel état on récupérera les lieux ». Anciens gérants et propriétaires déclarent donc « consulter [leurs] avocats » et envisager des poursuites contre Mehdi Herz, « vu tout ce qu’on a appris depuis ».



