Marylise Léon a été réélue à la présidence de la Confédération française démocratique du travail (CFDT) pour un mandat de quatre ans, à l'issue du 53e congrès du syndicat qui s'est tenu à Marseille du 24 au 27 juin 2026. Elle a obtenu 96,5 % des voix des délégués, un score en légère baisse par rapport à 2022 (98,2 %), mais qui témoigne d'une large adhésion à sa ligne.
Un discours offensif contre le gouvernement
Dans son discours de clôture, Marylise Léon a vivement critiqué la politique du gouvernement, dénonçant « les à-coups successifs portés à la démocratie sociale ». Elle a notamment pointé du doigt la réforme des retraites, imposée sans concertation, et la récente loi sur le travail qui, selon elle, « fragilise les droits des salariés ». Elle a appelé à « une mobilisation unitaire » pour défendre le modèle social français.
Priorités du nouveau mandat
La réélue a fixé trois grandes priorités pour son mandat : la défense des services publics, la transition écologique juste et l'égalité professionnelle. Elle a également annoncé le lancement d'une grande campagne sur la santé au travail, un sujet qui « concerne tous les salariés, quel que soit leur secteur ». Selon elle, « il est urgent de remettre l'humain au cœur de l'économie ».
Une opposition interne marginale
Seule une motion d'orientation alternative, portée par l'aile gauche du syndicat, a recueilli 3,5 % des suffrages. Celle-ci réclamait une radicalisation des actions contre la réforme des retraites et une rupture avec le dialogue social tel qu'il est pratiqué. Marylise Léon a pris acte de cette opposition, mais a estimé que « la CFDT doit rester un syndicat réformiste, qui négocie et obtient des avancées concrètes ».
Contexte politique tendu
Cette réélection intervient dans un climat social tendu, marqué par la contestation de la réforme des retraites et les tensions sur le pouvoir d'achat. La CFDT, premier syndicat français en nombre d'adhérents (875 000), joue un rôle clé dans les négociations interprofessionnelles. Marylise Léon a réaffirmé sa volonté de « peser dans les décisions » et de « construire des compromis ambitieux ».
Réactions et perspectives
Plusieurs responsables politiques ont salué la réélection, à l'image du Premier ministre qui a déclaré vouloir « poursuivre le dialogue avec la CFDT ». De son côté, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a estimé que « la CFDT doit choisir son camp : celui des travailleurs ou celui du gouvernement ». Marylise Léon a répondu en appelant à « l'unité syndicale sur les sujets essentiels ».
Le congrès s'est achevé par l'adoption d'un plan d'action pour les quatre prochaines années, qui prévoit notamment une intensification des mobilisations locales et une meilleure utilisation des outils numériques pour syndiquer les jeunes travailleurs.



