La Ville de Marseille a réclamé mercredi devant le juge des référés la condamnation d’un investisseur immobilier à 1,5 million d’euros d’amendes civiles pour avoir contourné la réglementation sur la location de meublés touristiques de courte durée.
Des locations illégales dans le Panier et le centre-ville
Se décrivant comme « coach immobilier » ou « influenceur en investissements », ce multipropriétaire se voit reprocher d’avoir, sans autorisation et sans avoir réalisé les compensations obligatoires, changé l’usage d’un petit immeuble d’habitation du quartier du Panier et un appartement du centre-ville pour en faire des locations proposées aux touristes sur Airbnb et autres plateformes.
Devant le tribunal, des manifestants brandissaient une banderole : « Rends tous les logements. Airbnb casse-toi ! Marseille n’est pas à toi ! ». Un discours relayé à la barre du tribunal par Me Jorge Mendes Constante, avocat de la ville de Marseille pour qui « Marseille ne veut pas de ce genre d’investisseurs ».
Un montant d’amende calculé par logement
Il a réclamé la condamnation de chacune des quatre sociétés - deux SCI, une chargée de la location et la conciergerie - appartenant à ce propriétaire à l’amende maximum de 100 000 euros prévue en cas de changement illicite d’usage, multipliée par le nombre d’appartements qu’il a retirés du marché de la location classique, soit un total d’1,5 million d’euros.
« Ici on fait du business, pas de la charité » : la personnalité de ce contrevenant était au cœur des débats, Me Mendes Constante reprenant des propos tenus sur les réseaux sociaux par ce développeur devenu « millionnaire dans l’immobilier et qui a conquis Marseille ». Parmi ses slogans : « Un million d’euros en quatre ans grâce à la location courte durée » ou bien « Ici on fait du business, pas de la charité ». Son patrimoine immobilier est chiffré autour de trois millions d’euros.
Un investisseur qui se dit harcelé
Ce prosélytisme lui vaut d’être honni par les militants contre le logement indigne au point que son défenseur, Me Martin Guerin a justifié son absence à l’audience par sa peur de venir à Marseille et par une « entreprise de harcèlement ». « Il n’est pas le bienvenu à Marseille, son portrait est affiché dans certains quartiers. Mais ce n’est pas Pelicot, il a eu un temps un appât du gain sur quelque chose de facile mais il a compris, il a appris et il assume ».
Selon Me Guerin, dès qu’il a été mis en demeure en octobre 2025 de régulariser la situation de ses six meublés qui de 2022 à 2025 lui ont rapporté plus d’1,3 million d’euros, selon la Ville, il les a supprimés des plateformes et s’est dirigé vers un mode d’exploitation différente en recourant à des baux mobilité (bail d’un à dix mois ne pouvant être renouvelé pour un logement meublé destiné à un occupant temporaire, étudiant, salarié en mission temporaire ou en formation professionnelle…).
Décision attendue le 23 septembre
La défense a demandé à la juge des référés de réduire le montant des amendes, de ne pas condamner les quatre sociétés du contrevenant mais une seule fois et de ne pas sanctionner pour deux celliers qu’il avait transformés en un appartement et ne servaient pas auparavant à l’habitation. La décision sera rendue le 23 septembre.



