Marc Vassallo quitte le secrétariat général pour des chantiers de fond à Monaco
Marc Vassallo quitte le secrétariat général pour des chantiers

Marc Vassallo, secrétaire général du gouvernement princier de Monaco, quittera ses fonctions ce vendredi 1er mai après près de 20 ans passés dans ce service central de l'État. Ce Monégasque de 48 ans sort de l'urgence du quotidien pour mener, dès ce lundi 4 mai, des chantiers de fond au profit de l'Administration monégasque.

Un serviteur discret et loyal

Depuis près de 20 ans, « avec une discrétion absolue et une loyauté sans faille », il a servi 8 ministres d'État (dont 2 par intérim) et été l'un des rouages majeurs de l'Administration monégasque et de sa bonne marche. Ce vendredi 1er mai, Marc Vassallo quittera le secrétariat général du gouvernement princier et sa vingtaine d'agents, qu'il dirige depuis février 2022 après avoir été l'adjoint de Robert Colle depuis 2007.

Dans son bureau niché au ministère d'État, les cartons remplis d'effets personnels sont disposés à l'entrée. « Les dossiers restent ici pour mon successeur », nous glissait, ce mardi, ce Monégasque de 48 ans à quelques jours de laisser ce « passionnant » poste à Bernard Hamon, jusqu'alors à la tête de la Direction des Affaires juridiques.

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Une nouvelle mission : la transformation publique

Marc Vassallo quitte donc l'urgence du quotidien « pour servir autrement l'État et mener des chantiers de fond ». Une décision née d'un désir d'évolution de carrière mais aussi d'une nécessaire mue de l'Administration. À compter de ce lundi 4 mai, toujours dans la même bâtisse de la place de la Visitation, il deviendra ainsi conseiller spécial auprès du ministre d'État délégué à la transformation publique.

« Le premier chantier sera la détection et le suivi de carrière des personnes à haut potentiel au sein de l'Administration. Il y a, à l'avenir, un véritable enjeu à mieux attirer et surtout mieux garder ces profils, détaille-t-il. Il faut pouvoir s'adapter à leurs aspirations et proposer des parcours attractifs, tant pour eux que pour l'Administration. » Cela passe, selon lui, par une succession d'expériences interministérielles à Monaco, et pourquoi pas à l'étranger, mais aussi par la nécessité de « donner du sens au travail et le goût de la chose publique ».

Un parcours ancré dans le service public

Cette appétence pour le service public, Marc Vassallo la tient de ses parents, tous deux d'anciens serviteurs de l'État : Christiane fut secrétaire principale au ministère d'État, Jean-Louis technicien de laboratoire au collège Charles-III. Après ses études supérieures de sciences économiques et politiques, il intègre en 2003 l'Administration où trois mentors marquent tour à tour son parcours : Denis Ravera confirme sa vocation ; Corinne Laforest de Minotty, à la tête de l'ex-Direction des Relations extérieures, lui apprend « le goût du dépassement de soi » ; Robert Colle, qui le recrute en 2007, lui apprend les rouages d'un poste de l'ombre, certes, mais capital.

Une fonction renforcée et placée au cœur de l'organisation étatique en 2016, à la faveur d'une réforme menée par Serge Telle : le secrétariat général du ministère d'État devient celui du gouvernement princier. Au-delà de la modification sémantique, son représentant devient un chef d'orchestre des différents Départements. « Cette interministérialité s'est imposée de par la complexité croissante des dossiers, à l'image du Plan national pour le logement des Monégasques. Mon rôle est de mettre de l'huile dans les rouages, de faciliter les échanges. »

Le quotidien d'un chef d'orchestre

Chaque début de semaine, il conduisait une réunion interministérielle avec les directeurs généraux des Départements puis assurait le secrétariat du conseil de gouvernement « afin de préparer au mieux les affaires, pour que les décisions se prennent dans de bonnes conditions et soient appliquées sur le terrain. » Une interministérialité dont le Conseil national pointe régulièrement les carences. « Toute critique constructive est bonne à prendre, tout est perfectible. Mais l'interministérialité est bien organisée », insiste-t-il.

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À ses yeux, le poste nécessite « hauteur de vue, discernement et efficacité » pour appréhender les enjeux et détecter les grains de sable susceptibles de freiner la prise de décision. « La journée est marquée par bon nombre d'imprévus urgents », reconnaît celui qui est solidement secondé par Antonella Sampo-Couma. L'adaptabilité, aussi, est une qualité inhérente à cette fonction qui voit défiler les ministres d'État aux personnalités et profils différents. Tantôt un préfet (Christophe Mirmand, Pierre Dartout), tantôt un diplomate (Serge Telle) ou un animal politique (Didier Guillaume). « Tous m'ont marqué, m'ont accordé leur confiance et m'ont énormément appris. J'ai été ravi de les servir », martèle-t-il, non sans une pensée émue pour ce dernier, disparu début 2025.

Des dossiers marquants

Quant aux dossiers marquants, il cite le Plan national pour le logement avec un suivi au long cours, le nouveau statut des fonctionnaires et, bien sûr, la pandémie de Covid-19. « Cela a demandé une remise en cause quasi quotidienne des mesures à prendre pour sauvegarder la santé des populations et le tissu économique en prévision de la sortie de crise. Une période très difficile à vivre pour tous mais très stimulante car cela a placé l'État au centre du jeu et été un moment de forte coordination interministérielle. Ce n'était pas qu'une crise sanitaire. »

Il conclut, enfin, par des remerciements : à ses collaborateurs de longue date et aux fonctionnaires de l'État, pour leur investissement, à ses proches et à sa famille pour leur soutien inébranlable.