L'Orange bleue, un pionnier du fitness français
La première salle a vu le jour en 1996 à Vern-sur-Seiche, au sud de Rennes. À une époque où les salles de sport n'étaient fréquentées que par des culturistes massifs et des adeptes de step en justaucorps fluo. « Quand j'ai lancé L'Orange bleue en 1996, seulement 3 % des Français pratiquaient du fitness », se souvient Thierry Marquer, fondateur de la marque et désormais président du conseil de surveillance. Trente ans plus tard, son groupe a considérablement grandi, porté par l'explosion de la pratique sportive en salle.
Acteur historique de ce marché en pleine expansion, L'Orange bleue compte aujourd'hui un réseau de près de 400 salles et environ 400 000 adhérents. Cela en fait le deuxième acteur du marché français, derrière l'ogre Basic-Fit qui domine le secteur. Comment ce groupe à l'esprit familial, qui vient d'inaugurer son nouveau siège social à Rennes cette semaine, résiste-t-il à la concurrence du géant néerlandais ? Et face à l'expansion d'autres acteurs ambitieux comme Fitness Park ou On Air Fitness ?
Un marché du fitness encore loin d'être saturé
« La concurrence fait partie du jeu, mais il y a de la place pour tout le monde », assure José Nercellas. Le nouveau PDG de L'Orange bleue, nommé en début d'année, estime que le marché du fitness est loin d'être saturé en France. « Le taux de pénétration n'est que de 10 %, contre 25 % dans les pays scandinaves, donc il y a encore une marge de progression », insiste le dirigeant espagnol. Ouvrant chaque année entre 40 et 50 salles en licence de marque, le groupe vise 600 salles d'ici 2030, en France mais aussi en Espagne et au Portugal, où il a déjà commencé à s'implanter.
Une stratégie axée sur la convivialité et l'accompagnement
Pour se démarquer dans un marché très concurrentiel, L'Orange bleue mise sur « l'ambiance conviviale » de ses salles et sur « le contact humain », avec un accompagnement personnalisé par des coachs. « Chez les autres, il y a des machines et c'est tout », souligne José Nercellas. « Avec Basic-Fit, on est dans le self-service, tout est digital avec des salles ouvertes 24h/24 et une offre à bas prix », analyse Pierre-Nicolas Schwab, fondateur de l'institut d'études de marché IntoTheMinds. « Cela trouve son public, mais la stratégie marketing de L'Orange bleue est aussi habile pour fidéliser sa clientèle. »
Des clients moins axés sur la musculation
Les clients de L'Orange bleue sont moins « go muscu » que ceux de ses concurrents et viennent en salle davantage pour les cours collectifs que pour soulever de la fonte. « Basic-Fit a axé toute sa stratégie sur le volume pur, tandis que nous misons sur une offre diversifiée, car nous n'avons pas besoin d'avoir 3 000 adhérents par salle », explique José Nercellas. Côté prix, L'Orange bleue propose des tarifs légèrement plus élevés que ses concurrents low-cost, avec des abonnements allant de 35 à 45 euros pour quatre semaines. « On n'est pas non plus sur du premium, plutôt sur un discount de qualité », estime Pierre-Nicolas Schwab.
L'Orange bleue à l'assaut des zones périurbaines et rurales
Selon ce docteur en marketing, L'Orange bleue se distingue également par son implantation dans des zones périurbaines et rurales, contrairement à Basic-Fit et sa stratégie d'implantation dense, « avec des clubs situés à proximité des zones urbaines, faciles d'accès et standardisés jusqu'au moindre détail », comme le souligne le club d'investisseurs Bourseko. « Les deux sont complémentaires en termes de maillage territorial », estime Pierre-Nicolas Schwab.
« On peut remercier Basic-Fit »
Dans cette guerre où chaque acteur déploie ses muscles pour attirer des adhérents, José Nercellas se montre fair-play en saluant son adversaire. « Le marché a explosé après le Covid, et on peut remercier Basic-Fit pour cela, car ils ont fait beaucoup de publicité et ont fait découvrir le fitness à énormément de personnes », indique le PDG. « Ensuite, les gens essaient et font leur choix. Chacun voit où il se sent bien pour faire du sport, mais comme je le répète, il y a encore des marges de croissance. » Sauf peut-être pour les clubs indépendants, qui rencontrent de grandes difficultés ces dernières années et peinent à exister dans cette bataille entre poids lourds.



